
Née au Mexique, mais de nationalité américaine, Maria Montserrat Alvarado succédera en novembre à l’Italien Paolo Ruffini. Âgée de 47 ans, elle dirigera EWTN News et sera la première femme laïque ministre de la Curie romaine. Le Saint-Siège cherche à apaiser les tensions avec le président américain.
La révolution conciliaire et synodale
C’est une première mais qui s’inscrit dans la révolution conciliaire et synodale en cours depuis des décennies. C’est un nouveau pas accompli vers une destruction de l’institution monarchique et ecclésiastique qui déterminait l’Église catholique. La journaliste du média américain conservateur EWTN Maria Montserrat Alvarado vient d’être nommée, ce 2 juin 2026, Préfet du dicastère pour la Communication du Vatican. Jamais une femme laïque n’avait auparavant joué un rôle au sein de la Curie Romaine.
Cette dernière avancée progressiste est dictée par le souci mondain d’une plus grande parité hommes-femmes au sein de la Curie romaine, initiée par le prédécesseur de Léon XIV, François.
Il se pourrait aussi que derrière cette nomination se cache la main tendue par le pape Léon XIV au président américain Donald Trump. La journaliste et dirigeante Maria Montserrat Alvarado, née au Mexique et de nationalité américaine pourrait en effet incarner une détente espérée avec les États-Unis, une initiative appelée par le Vatican à la suite des critiques de la Maison Blanche concernant les positions du pape sur l’Iran, le nucléaire, la guerre juste et le multilatéralisme, se trouve. Elle prendra ses fonctions en novembre, succédant à Paolo Ruffini, qui aura 70 ans en octobre. Maria Montserrat Alvarado sera la deuxième femme ministre du Vatican de l’histoire – la première étant sœur Simona Brambilla, qui dirige le Dicastère pour les Instituts de la vie religieuse depuis 2025.
Proche des milieux conservateurs, Maria Montserrat est président et directeur général d’EWTN News
Proche des milieux conservateurs, depuis 2023, Maria Montserrat est président et directeur général d’EWTN News (Eternal Word Television Network), une plateforme d’information représentant le catholicisme conservateur aux Etats-Unis et à l’étranger. Sans être une chaine trumpiste, ce média reste assez proche de l’électorat catholique de Donald Trump, et défend des positions pro-vie. Le pape Françosi avait en son temps visé de ses critiques EWTN, ce qui témoigne d’une première rupture de Léon XIV avec son prédécesseur.
Le nouveau Préfet sera appelé à diriger un département créé par le pape François en 2015 dans le cadre de la réforme plus vaste de la Curie romaine, qui supervise les systèmes de communication du Saint-Siège, notamment Vatican News, Radio Vatican, L’Osservatore Romano, Vatican Media (services photographiques, audio et vidéo), le Bureau de presse du Saint-Siège, les Éditions du Vatican, l’Imprimerie du Vatican et la Cinémathèque vaticane.
Mais finalement, ces détails techniques ne sont pas d’un grand intérêt : ce qui frappe c’est l’entrée au sein de la Curie Romaine d’une femme laïque, ce qui est en totale rupture avec la Tradition bi-millénaire de l’Église catholique. Le prêtre canoniste Jaime Mercant Simó analyse bien la situation nouvelle :
« Depuis la promulgation de Praedicate Evangelium (2022), un laïc peut diriger un dicastère, à l’exception des plus « essentiels », comme par exemple le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, qui, de par sa nature même, requiert d’être gouverné par une personne ayant reçu le sacrement de l’ordre.
Jamais une femme laïque n’avait auparavant joué un rôle au sein de la Curie Romaine
« Toutefois, d’un point de vue théologique, il me semble toujours inapproprié que même la préfecture d’un dicastère aussi mineur soit occupée par un laïc.
« La Curie vaticane n’est pas une simple structure administrative ou institutionnelle, mais bien un prolongement du pouvoir pontifical. « Bien que le Dicastère pour la Communication n’exerce aucun acte législatif ou judiciaire et puisse apparaître comme un organe purement technique et dépourvu de pouvoir juridictionnel, Mme Alvarado exercera en réalité une juridiction administrative effective et disposera, quoique de manière interne, d’un pouvoir réel sur les évêques, les prêtres et les religieux qui y travaillent. En bref, tout préfet de dicastère, quel qu’il soit, agit par procuration au nom du Pontife romain. Par conséquent, cette nomination marque une séparation entre le pouvoir de gouvernement et l’ordre sacré, dont, il faut le dire, émane naturellement le « munus regendi » de l’Église – son ordre hiérarchique. »
« Ce dicastère » conclut le père Simó, est réduit « à un simple service de presse ». Ce qui rabaisse finalement toute la Curie Romaine et son rôle d’organe ecclésial de gouvernement.
La révolution conciliaire, née à Vatican II, continue son chemin néo-protestant qui mène à une église synodale et arc-en-ciel qui n’aura plus grand chose de catholique.
Francesca de Villasmundo
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