
Les magistrats de la cour d’appel ont rendu leur sentence contre Marine Le Pen : une décision rusée qui place le Rassemblement National et Marine Le Pen dans une situation inconfortable : être ou ne pas être candidate sous bracelet électronique ? Le pire scénario pour le RN.
« La liberté de choix de l’électeur » prise en compte
Dans le procès de l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national, la cour d’appel du tribunal de Paris a donc rendu son jugement : elle affirme avoir pris en compte « la liberté de choix de l’électeur » et « la liberté des candidatures ». En effet, Marine Le Pen est condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, et à 15 mois ferme d’inéligibilité.
La fille de Jean-Marie Le Pen pourra donc se présenter une quatrième fois à l’élection présidentielle : mais être ou ne pas être candidate sous bracelet électronique ? Telle est la question qui se pose pour elle et pour le parti à la flamme. Choix cornélien pour la dame aux chats, décision rusée de la part d’une justice politique, -faut-il être naïf en France pour croire à une justice indépendante de l’idéologie dominante-, qui ne lui fait pas de cadeau : en lui offrant la possibilité de concourir avec son bracelet de criminelle, les juges la sanctionnent lourdement tout en s’exonèrent des critiques de « voler » l’élection au peuple. Le raffinement des juges rouges est exquis en son machiavélisme.
Une décision judiciaire éminemment politique
En effet, si elle choisit de concourir, Marine Le Pen en raison de son bracelet électronique aura des contraintes à respecter qui rendront la campagne difficile : elle « devra, explique le journaliste du Figaro, Paul Suguy, effectuer au maximum un an de « détention à domicile sous surveillance électronique » – en réalité, sûrement beaucoup moins, peut-être six mois tout au plus du fait des réductions de peine qu’elle pourra solliciter tout au long de sa détention. Les modalités de cette peine seront fixées par un juge d’application des peines au terme d’un débat entre le parquet et la défense. C’est lui qui décidera d’autoriser Marine Le Pen à quitter son domicile en journée, sur des plages horaires qu’il pourra déterminer à sa discrétion. Toute entorse exceptionnelle à ces règles devra être sollicitée auprès de ce même juge. En principe, Marine Le Pen devra a minima dormir à son domicile toutes les nuits au cours de cette période de détention ».
Il est donc évident que le choix de se présenter ou non à la campagne présidentielle doit tenir compte de cette réalité judicaire à laquelle Marine est soumise. Rajoutons l’aspect humiliant de la chose qu’elle pourra cependant retourner contre le système en place en se positionnant comme la victime d’une justice aux ordres des officines de l’anti-France.
Une décision judicaire machiavélique
L’essayiste politique François Cocq donne une analyse de la situation cornélienne assez pertinente :
« Désormais personne ne comprendrait que Marine Le Pen n’assume pas d’être candidate. Si tel n’était pas le cas, c’est que des problèmes plus personnels en seraient la vraie raison. Mais plus profondément, renvoyer le choix au binôme Bardella/Le Pen, c’est s’assurer de pousser les contradictions au sein du parti. L’affrontement de lignes et de personnes (pas tant concernant Le Pen et Bardella que leurs lieutenants) est désormais inéluctable, chacun se sentant légitime et invitant à ostraciser les perdants. La décision rendue est paradoxalement un venin lent qui a été instillé. »
La décision rendue par la cour d’appel on tenant Marine Le Pen est un véritable défi lancé en conscience au RN.
De ce point de vue, le verdict, pour juridique qu’il soit, est en réalité très habile politiquement (oui oui je sais tel n’est pas son objet gna gna gna…).
Y aller…
— François Cocq (@FrancoisCocq) July 7, 2026
Si les juges n’ont pas souhaité voler l’élection au peuple, ils ont en revanche voler la campagne électorale à Marine Le Pen.
Réponse ce soir : Marine Le Pen fera connaître sa décision.
Francesca de Villasmundo





