
Les citoyens de l’Union européenne ne sont pas assez conscients des fonds que l’UE alloue chaque année à Israël sous différents motifs. Ainsi, pour l’année 2025, les fonds de recherche de l’UE ont financé à hauteur de 106 millions d’euros des entreprises, universités et instituts de recherche… israéliens.
Un financement européen qui profite au secteur de la défense israélien
Ce sont les mises à jour du Système de transparence financière (FTS) qui nous permettent de savoir que le programme Horizon Europe de l’UE a versé l’an dernier ce montant de 106 millions d’euros à des concurrents israéliens.
Certes, ont nous dit que cela représente une baisse de 50 % par rapport au budget de 209 millions d’euros versé durant l’année 2024 aux entreprises, universités et instituts de recherche israéliens. Mais la question reste entière : pourquoi l’UE (et donc ses contribuables) devrait-elle financer des entreprises instituts de recherche israéliens, par définition concurrents à leurs homologues européens ?
En outre, certaines sources affirment que la recherche financée par l’UE pourrait indirectement profiter au secteur de la défense israélien. Et ce en plein génocide à Gaza. Parmi les institutions financées figure le Technion, université publique de recherche située à Haïfa, en Israël, qui a reçu 21,5 millions d’euros du programme Horizon Europe en 2024 et 8,4 millions d’euros en 2025. Les universités de Gand en Belgique et d’Eindhoven aux Pays-Bas ont explicitement déclaré qu’elles ne souhaitaient plus collaborer avec le Technion en raison des liens étroits et indiscutables qui unissent le Technion au secteur de la défense israélien. Le Technion serait un « pilier de la stratégie militaire israélienne », selon des sources parlementaires.
Avec son budget annuel de 95,5 milliards d’euros, le programme Horizon Europe ne devrait-il pas plutôt concentrer ses versements vers des projets d’entreprises, d’universités et d’instituts de recherche des pays membres de l’UE ?
Précisons que la Commission européenne a proposé de suspendre partiellement la participation d’Israël à l’UE en juillet 2025, mais, lenteur bureaucratique oblige, les États membres n’ont pas encore approuvé cette mesure.
« La proposition est actuellement en discussion au sein du Conseil [de l’Union européenne] », indique sobrement la Commission, tandis qu’un porte-parole de la Commission a confirmé en début d’année que les entités israéliennes « continuent de participer au programme sans restrictions ».
Plus d’un million de signatures pour réclamer l’arrêt de ces financements
Signalons qu’une initiative citoyenne européenne demande la suspension totale d’Israël du programme. « Les citoyens de l’UE ne peuvent tolérer que l’UE maintienne un accord qui contribue à légitimer et à financer un État coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. » Cette initiative a recueilli plus d’un million deux cents mille signatures. Les Européens peuvent la signer jusqu’au 15 juillet 2026.
Pierre-Alain Depauw





