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Mgr Rafic Nahra dénonce l'antichristianisme israélien

Mgr Rafic Nahra, évêque auxiliaire de Jérusalem, souligne une augmentation de 40 % des attaques contre les chrétiens en Israël depuis 2025 et met en garde contre la diabolisation du christianisme dans les écoles israéliennes.

Augmentation récurrente des violences d’Israéliens contre les chrétiens

Un Christ en Croix brisé à coups de masse par un soldat israélien, une religieuse française jetée au sol par un Israélien puis rouée de coups alors qu’elle était au sol, des Israéliens crachant devant des églises, des insultes et des menaces contre le clergé à Jérusalem : il ne s’agit pas d’incidents isolés, mais de ce que Mgr Rafic Nahra, évêque auxiliaire de Jérusalem pour les Latins, qualifie de « schéma récurrent ». Le dernier rapport du Centre Rossing pour l’éducation et le dialogue recense 155 cas de violence contre des chrétiens en 2025 à Jérusalem-Est et en Israël, soit 40 % de plus qu’en 2024.

Mgr Nahra, Égyptien de naissance et Libanais d’histoire, vicaire patriarcal pour Israël depuis 2021 et évêque auxiliaire depuis 2022, a accordé une interview à ZENIT dans laquelle il décrit un phénomène systémique.

Un antichristianisme israélien antérieur au 7 octobre 2023

C’est une évidence mais il faut que ce soit rappelé, l’escalade antichrétienne en Israël n’a pas commencé avec la guerre contre l’Iran. « Cette radicalisation a clairement débuté avant la guerre du 7 octobre », affirme l’évêque : actes de vandalisme dans les églises, destruction de pierres tombales dans les cimetières chrétiens de Jérusalem, graffitis injurieux sur Jésus et crachats sur les prêtres et les religieuses. « Les extrémistes se sentaient protégés par les autorités, ou du moins tolérés », ajoute-t-il. « La réaction du gouvernement et de la police a été faible, voire inexistante. »

Le prélat réfute donc l’idée que la lassitude de la guerre explique ces comportements. Il identifie plutôt un problème fondamental dans l’enseignement dans les écoles israéliennes, tant publiques que religieuses.

La disparition des chrétiens en Terre Sainte

Le phénomène sous-jacent est démographique et s’inscrit dans une longue histoire. « Rien qu’à Bethléem, la proportion de chrétiens est passée de près de 90 % dans les années 1950 à moins de 10 % aujourd’hui », constate le prélat. Le chômage, les restrictions à la liberté de circulation et la violence endémique contraignent à l’émigration ceux qui parviennent à s’échapper. À Nazareth, les chrétiens entendent souvent des menaces contre leurs familles, sans que la police n’offre de protection efficace.

Mgr Nahra exhorte les chrétiens à se souvenir « du sens de notre présence et de notre mission ici en Terre sainte, afin de ne pas l’abandonner trop vite ». La tentation de fuir, affirme-t-il, est compréhensible ; y céder sans se poser de questions ne l’est pas.

Léo Kersauzie

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