Chers fidèles,

En ces temps troublés, nous vous proposons, chaque semaine jusqu’au Vendredi Saint, de suivre le chemin de Croix en communion avec les fidèles catholiques de Chine.

La situation dans ce lointain pays n’est pas meilleure aujourd’hui qu’elle n’était en 1953, date de la publication de ces beaux et puissants témoignages qui ont été publiés par Jean Monsterle et S.J. et Jean Seffer S.J.; elle a même empiré, puisque les catholiques fidèles sont persécutés aujourd’hui par le Saint-Siège.

Afin d’arriver à la quatorzième station Vendredi Saint, nous vous proposons deux stations pendant deux vendredis, puis une station chaque semaine jusqu’au 7 avril.

Frères, je veux que vous sachiez que tout ce qui m’est arrivé a tourné au progrès de l’Évangile. Oui, j’en suis heureux et le resterai, car je sais que cela servira à notre salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit-Saint. Maintenant, comme toujours, j’en suis certain, le Christ sera glorifié dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort. Car le Christ est ma vie et la mort m’est un gain. « Lettre de saint Paul, en prison, aux Philippiens », 1, 12 et 19.

Frères, nous vivons ici le Vendredi Saint, notre génération souffrira passion sur le Calvaire ; mais c’est à ce prix que nous convertirons la Chine et demain luira sur elle la lumière de Pâques. « Un vieux chrétien de Chengtu, persécuté. »

Première station— Jésus est condamné à mort – aujourd’hui, dans la personne de Liou, jeune Chinois de Mongolie.

« Liou, 25 ans, né à Pékin, employé du téléphone, sait le français et l’anglais, domicilié à S…, catholique convaincu il va tous les dimanches à la messe » : telles étaient les indications portées sur sa fiche de prisonnier politique.

Il avait été arrêté comme saboteur et espion, jeté au cachot et soumis à une rééducation marxiste.

− « Si tu refuses d’accuser tes chefs et les prêtres tes complices, le gouvernement sera pour toi sans pitié », lui déclara son juge.
− « Je n’ai rien fait de mal, j’ai pratiqué ma religion et pratiquerai encore, mais je n’ai pas agi en secret, interrogez tous ceux qui m’ont connu. »

Alors, après un mois de dure prison, il fut condamné à mort. S’il parlait, un sursis de deux ans lui serait accordé.

Sa fiancée, anxieuse, faisait les préparatifs de son prochain mariage dans l’espoir d’une certaine libération. N’était-il pas innocent ?

Apprenant le verdict, Liou passa une nuit d’angoisse. Il put ouvrir son âme au prêtre qui partageait sa cellule.
− « Oh Père, que cette mort s’éloigne de moi, si j’accuse les autres ma vie sera sauvée. »
− « Celui qui pour Dieu perd son âme, la sauve », lui répondit le prêtre. « Dites avec moi : Père que votre Volonté se fasse et non la mienne. »

En s’endormant, la main dans la main du missionnaire, Liou murmura : « Oui, ils peuvent me tuer, mais je n’accuserai personne… je crois… je crois et pour toujours. »

À l’aube il fut transféré dans la cellule des condamnés.

« Il a refusé de parler, déclara plus tard le gardien de prison dans une leçon faite aux prisonniers, le gouvernement l’a fusillé. »

Ô Jésus, qui aujourd’hui encore, par vos amis de Chine, gardez le silence devant des juges iniques, donnez-nous la force de témoigner par toute notre vie de notre foi.

Deuxième station — Jésus, chargé de sa croix, reprend le chemin du Calvaire dans la province de Canton, en Chine.

Le 14 avril 1952, l’évêque de Kaying, Mgr Ford, vécut dans sa chair le portement de croix du Seigneur.

« À bas l’évêque, tuez l’espion », criait sur son passage la foule hurlante. Des enfants grimaçaient de haine et la troupe s’esclaffait de le voir ainsi bafoué. En route vers Canton, où l’attendait le 21 février 1952 une mort misérable en prison, ce prélat de soixante ans connut les pires humiliations.

À Hingning, couvert d’ordures, roué de coups par une foule d’élèves déchaînés par des maîtres mauvais, il passa tel le Christ dans sa passion. Le garrot serrait fort et tirait sa tête en arrière. Il marchait sans hâte, bousculé, battu de cordes, et devenu la cible pitoyable des pierres lancées par la populace.

« Notre Seigneur nous a légué la persécution, c’est notre lot promis par Lui, et qui nous rend semblables à Lui… », avait-il écrit peu auparavant à ses prêtres.

Ô Seigneur, qui aujourd’hui encore souffrez pour nous passion en Chine, apprenez-nous à porter avec la paix du cœur échecs et humiliations.

Frère Antoine de Fleurance +, OFM

Vendredi 20 janvier 2023

Note de la rédaction de MPI : les images font partie du chemin de croix dessiné par Hugo BOGO du Prieuré Saint-Joseph de Nice

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