15 juillet 2026 - L'interview du Vice-Président américain J.D. Vance au podcast de l’influenceur américain Joe Rogan
15 juillet 2026 – L’interview du Vice-Président américain J.D. Vance au podcast de l’influenceur américain Joe Rogan

Le Vice-Président des Etats-Unis, JD Vance, critique la pression israélienne sur les Etats-Unis pour continuer la guerre contre l’Iran. Et déplore que les Epstein Files n’aient pas tous été publiés.

L’interview du Vice-Président américain J.D. Vance au podcast de l’influenceur américain Joe Rogan

L’interview accordée par le Vice-Président américain J.D. Vance au podcast de l’influenceur américain Joe Rogan, dans laquelle il a formulé une série d’accusations graves contre Israël et Epstein, suscite une vive polémique. Nul de surprenant en ce qu’il a dit mais le fait que ces propos viennent de lui est nouveau.

Au cours de cet entretien, DJ Vance est revenu sur l’affaire Epstein. Il a affirmé qu’Epstein était un malade mais a aussi précisé que le pédocriminel était en contact avec les hauts responsables de la CIA et du Mossad. Concernant les Epstein files, il a déploré la mauvaise gestion de leur publication :

« Si certains pensent que nous avons mal géré la publication des documents Epstein, c’est notre faute. Nous avons vraiment mal géré la situation. Surtout en ce qui concerne la communication. »

«Je pense que nous aurions dû tout publier dès le début. Franchement, encore une fois, nous avons complètement manqué à notre devoir de communication concernant les dossiers d’Epstein, c’est un fait. Mais est-ce que je pense que nous avons échoué parce que nous essayions de cacher quelque chose ? Non. »

Israël est accusé d’avoir lancé une campagne pour saboter les négociations entre les États-Unis et l’Iran

Concernant Israël, il n’a pas hésité à les accuser d’avoir lancé une campagne pour saboter les négociations entre les États-Unis et l’Iran, précisant que « certains membres » du gouvernement israélien agissaient de cette manière, « parce que leur objectif est de poursuivre la campagne militaire (…) non pas pour un objectif précis, mais simplement indéfiniment » :

« Or, je sais pertinemment, sans l’ombre d’un doute, que certains membres du gouvernement israélien tentent de nous détourner de cette politique, parce que leur objectif est de poursuivre la campagne militaire. »

Et d’ajouter :

« Ils manipulent et tentent de façonner l’opinion publique américaine afin de prolonger indéfiniment cette guerre. Je le répète, sans but précis, mais simplement indéfiniment ».

Ce sont des propos tenus depuis longtemps aux États-Unis, notamment par Tucker Carlson, mais lorsqu’ils sont prononcés par le numéro deux de la Maison-Blanche, ils prennent une toute autre dimension. Pour l’instant, ni Israël ni la Maison-Blanche n’ont fait de commentaire. Il sera intéressant de voir s’ils décideront de s’exprimer, quand et comment. Mais comment interpréter cette déclaration inhabituelle de Vance ?

Vance a toujours été, pour le moins, sceptique quant à une agression contre l’Iran

« Ces derniers jours, il est apparu que la délégation iranienne de négociation avait transmis à Vance, par l’intermédiaire d’un tiers, un message dénonçant les nombreux sabotages perpétrés par le duo Witkoff-Kushner, hommes de confiance de Trump, qu’elle accusait de mensonges, d’incompétence et de recherche du profit. Tous deux sont sionistes, et le gendre du président, Jared Kushner, est étroitement lié à Netanyahu.

Le journaliste Maurizio Blondet analyse la situation ainsi sur son blog :

« Le fait que les négociateurs iraniens aient jugé opportun d’envoyer ce message et d’identifier Vance comme destinataire légitime mérite également réflexion. Lors des négociations au Pakistan, le vice-président s’était montré totalement incapable de gérer la situation et était étroitement surveillé par les deux envoyés de Trump. Araghchi et Qalibaf ont manifestement perçu le malaise de Vance et ont jugé bon de l’exploiter, mettant en lumière – et documentant – le rôle néfaste des deux hommes. De plus, nous savons que Vance a toujours été, pour le moins, sceptique quant à une agression contre l’Iran, même s’il a dû par la suite se rallier à la position officielle.

Avec la guerre contre l’Iran, Trump se trouve dans une situation délicate

« Tout cela pourrait laisser croire qu’il a enfin trouvé le courage de s’exprimer publiquement, de vider son sac et surtout de prendre ses distances avec le trumpisme, peut-être en vue de la course à la succession. Mais franchement, cette hypothèse n’est pas convaincante

« Tout d’abord, cet homme ne brille ni par son courage ni par son esprit d’initiative. Et son principal soutien, Peter Thiel de Palantir, n’a certainement aucun intérêt à s’immiscer dans les affaires du gouvernement américain. Si l’on écarte donc l’hypothèse d’une initiative personnelle, qui l’exposerait à l’hostilité des lobbies sionistes américains, force est de constater qu’il agit sur mandat. Et de qui, sinon du Président ?

« Trump se trouve dans une situation délicate, du fait de ses liens historiques et étroits avec Netanyahu et de sa dépendance au soutien des lobbies susmentionnés (la très sioniste Miriam Adelson compte parmi ses principaux donateurs). Il se trouve donc lié à ce bloc de pouvoir, tant interne qu’externe, qu’il soit ou non susceptible d’être victime de chantage en raison de ses liens avec Epstein. Parallèlement, il est conscient qu’à ce stade, les intérêts stratégiques américains et israéliens divergent fortement, et qu’il est probablement manipulé – une situation que, pour un individu égocentrique et narcissique, il est difficilement acceptable de vivre.

La popularité d’Israël aux États-Unis est au plus bas

« Il est donc possible que les propos de Vance contribuent à affaiblir le bloc sioniste, permettant ainsi à la Maison Blanche de retrouver une plus grande marge de manœuvre. De plus, Trump, qui a le sens aigu de ce genre de choses, sait pertinemment que la popularité d’Israël aux États-Unis est au plus bas et qu’une telle attaque frontale, même menée avec une extrême prudence, obligera Netanyahu et ses alliés à se défendre. Pour échapper au piège d’Ormuz, il doit se soustraire à l’emprise d’Israël. »

Après cet entretien, Tucker Carlson a estimé que si le vice-président américain Vance avait été à la Maison Blanche, la guerre contre l’Iran n’aurait pas eu lieu :

« Je n’imagine pas Vance se lever et dire : “Nous devons mener deux guerres pour vaincre un programme nucléaire fantôme.” C’est tout simplement absurde. »

Francesca de Villasmundo

MPI vous informe gratuitement,

recevez la liste des nouveaux articles

Je veux recevoir la lettre d'information :

Nous n’envoyons pas de messages indésirables ! Lisez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

S’abonner
Notifier de
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Les plus anciens
Les plus récents Les mieux notés

Abonnez-vous à CARITAS !

Le numéro 6 de la revue Caritas est en vente sur MCP !

Militez,

En s’abonnant à cette revue : la revue CARITAS !