15 juillet 2026 - les députés français votent oui à l'euthanasie
15 juillet 2026 – les députés français votent oui à l’euthanasie

La loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté a été définitivement adoptée à l’Assemblée, mercredi 15 juillet. Un pas de plus est franchi dans la rupture anthropologique et anti-chrétienne. La culture de mort a le vent en poupe en France.

L’Assemblée nationale a adopté la loi orwellienne sur « l’aide médicale à mourir »

Après trois ans de discussions et sept votes entre députés, pour en majorité, et sénateurs contre en majorité, l’Assemblée nationale a adopté la loi orwellienne sur « l’aide médicale à mourir », c’est-à-dire en termes clairs la loi autorisant l’euthanasie et le suicide assisté. Le texte a été approuvé définitivement à une courte majorité, 291 voix pour, 241 contre. Ce texte, qui autorisera les adultes atteints d’une maladie en phase terminale à recevoir des médicaments létaux, sera désormais examiné par le Conseil constitutionnel. Demandé par le président, la loine mentionne jamais les termes « suicide assisté » ou « euthanasie », et est radical et l’un des plus permissifs au monde.

C’est la loi la plus controversée de la présidence d’Emmanuel Macron, en raison de la forte opposition de la société civile et du Parlement. Ce vote final était le quatrième des députés depuis mai 2025, le Sénat ayant rejeté la loi à trois reprises et demandant, dans son dernier arrêt, le blocage d’une mesure qui divise profondément le Parlement.

Emmanuel Macron avait fait du ‘droit’ à l’euthanasie l’un des piliers de son second mandat, au même titre que le ‘droit’ à l’avortement inscrit dans la Constitution

Emmanuel Macron en avait fait l’un des piliers de son second mandat, au même titre que le droit à l’avortement inscrit dans la Constitution. Il a été soutenu dans son dessein notamment par les représentants institutionnels de son parti dont la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et la ministre déléguée à l’Autonomie et aux Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, qui ont tout mis en œuvre pour accélérer son adoption. Désormais, en France, la mort provoquée par des médecins sensés pourtant protéger la vie, est devenu un ‘droit’, qui peut être demandé et obtenu avec assistance médicale par les citoyens français majeurs souffrant d’une maladie grave, incurable ou en phase terminale ne répondant plus aux traitements et entraînant des souffrances jugées insupportables.

La loi prévoit également l’euthanasie dans les cas où le patient est incapable de s’administrer lui-même le médicament létal et doit donc s’en remettre aux médecins et aux infirmières, qui sont autorisés à invoquer l’objection de conscience à moins qu’ils n’indiquent au patient un collègue qui ne s’y oppose pas.

Emmanuel Macron se dit satisfait

Des années de mobilisation d’associations engagées dans la défense de la dignité de la vie, qui ont témoigné devant l’Assemblée nationale lors du vote, n’ont pas suffi à empêcher l’adoption de la loi, mais elles ont suscité de nombreux doutes au sein de l’opinion publique française, où les voix dissidentes ont trouvé un écho, grâce notamment à une mobilisation large, tenace et bien argumentée.

Emmanuel Macron, accusé par de nombreux parlementaires d’avoir cherché à faire passer la loi à tout prix, la présentant comme sa propre réussite et forçant la main d’un Parlement manifestement divisé, s’est dit, sans surprise, satisfait. « La loi sur le droit à l’aide médicale à mourir a été adoptée », a-t-il écrit sur X quelques minutes plus tard.

« Sur cette question, aussi intime que grave, qui touche à la vie, à la souffrance et à la dignité, une seule voie était possible : prendre le temps d’écouter, de dialoguer et de débattre. En 2022, je me suis engagé à ouvrir cette voie avec les Français. C’est avec sérieux, humilité et dans le plein respect de notre démocratie que j’ai tenu cet engagement. »

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel. Cette décision, prise à la surprise générale la veille du vote par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a permis de demander au « tribunal des lois » de vérifier la conformité de la loi avec la dignité humaine. Un délai de 15 jours entre l’adoption de la loi et sa promulgation par l’Élysée est ainsi accordé pour soulever des questions de constitutionnalité.

En exigeant l’accès à l’euthanasie pour ses citoyens, la France exige sa propre euthanasie

L’écrivain Michel Houellebecq a commenté tristement ce vote

« Nous entrons dans un monde où il sera plus facile de mourir ; j’aurais préféré un monde où l’on puisse vivre », écrit encore Houellebecq. « Lorsqu’un pays légalise l’euthanasie, il perd, à mes yeux, tout droit au respect. »

« Je ne peux m’empêcher de penser qu’en exigeant l’accès à l’euthanasie pour ses citoyens, la France exige sa propre euthanasie. »

Et encore :

« Je constate une forme d’arrogance progressiste qui me paraît inédite. Elle revient à balayer d’un revers de main toute la sagesse et la pensée du passé. Il n’est pas nécessaire d’être un catholique réactionnaire pour être contre l’euthanasie. »

Après la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche, la France est le huitième pays européen à autoriser l’euthanasie et le suicide assisté. Dans une Europe déchristianisée et nihiliste, la culture de mort a le vent en poupe.

Francesca de Villasmundo

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