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Les millionnaires texans Donald Blaine et Mary Catherine Huffines célèbrent la Saint-Valentin 2025 à Mar-a-Lago, le club privé de Palm Beach, en Floride, appartenant à Donald J. Trump
Les millionnaires texans Donald Blaine et Mary Catherine Huffines, nouveaux propriétaires du ranch Zorro, célèbrent la Saint-Valentin 2025 à Mar-a-Lago, le club privé de Palm Beach, en Floride, appartenant à Donald J. Trump

Le Nouveau-Mexique avait promis une nouvelle enquête concernant le ranch Zorro ayant appartenu à Jeffrey Epstein. Mais rien ne bouge vraiment. Intéressons-nous aux nouveaux propriétaires de ce ranch, Donald Blaine Huffines.

Des transformations importantes du site du ranch Zorro

Donald Blaine Huffines, né en 1958, est un promoteur immobilier, investisseur et multimillionnaire de Dallas qui a siégé au Sénat de l’État du Texas de 2015 à 2019. Il est actuellement le candidat républicain au poste de contrôleur du Texas, fonction qui consiste à diriger les finances de l’État et à superviser la collecte des impôts, la gestion du trésor public et les dépenses publiques. Il bénéficie du soutien de Donald Trump. Il a remporté la primaire le 3 mars 2026.

Son site de campagne le décrit comme un « Texan de cinquième génération, mari, père de cinq enfants, grand-père de douze, républicain MAGA courageux et entrepreneur autodidacte », guidé par « la foi, la famille et la liberté ». Il participe régulièrement à des dîners à Mar-a-Lago, propriété de Donald Trump.

En 2023, Donald Blaine Huffines a très discrètement racheté en secret le ranch Zorro, l’a rebaptisé ranch San Rafael et a entrepris d’importants travaux d’excavation et de construction, en grande partie sans les permis nécessaires. Ceci, malgré les témoignages selon lesquels au moins deux jeunes filles auraient été violées et tuées, puis enterrées sur place lorsqu’Epstein en était le propriétaire. Les autorités de l’État et du comté ont ordonné aux Huffines d’interrompre les travaux après avoir constaté que la construction d’un nouveau portail d’entrée orné de tourelles en béton avait débuté sans les permis nécessaires.

A l’époque d’Epstein, le ranch Zorro possédait sa propre décharge industrielle, ce qui est inhabituel pour un ranch. Un policier à la retraite a signalé la présence apparente d’un crématorium et d’une grange aux portes de prison sur le site.

Mais que pourraient découvrir encore des enquêteurs si les autorités du Nouveau-Mexique passaient des paroles aux actes ? Probablement pas grand chose puisque les nouveaux propriétaires ont procédé à de gigantesques travaux, comme vous pouvez vous en apercevoir en observant les deux photographies ci-dessous. La première montre le ranch Zorro tel qu’il était lorsqu’il appartenait à Jeffrey Epstein. La seconde montre le site tel qu’il est actuellement.

Le ranch Zorro lorsqu'il appartenait à Epstein
Le ranch Zorro lorsqu’il appartenait à Epstein
Le ranch Zorro tel qu'il se présente actuellement
Le ranch Zorro tel qu’il se présente actuellement

La société HEST

Connu pour construire des lotissements de maisons individuelles, Donald Blaine Huffines dirige également un family office de capital-risque appelé HEST Investments, acronyme de Huffines Enterprises Science & Technology.

Russell, le fils de Donald Blaine Huffines, codirigeait l’entreprise avec lui. Russell est actuellement le Directeur adjoint des relations avec les agences au sein du Bureau des affaires du Cabinet de la Maison-Blanche sous la présidence de Donald J. Trump, poste qu’il occupe depuis juin 2025.

HEST Investments, de son côté, se concentre sur les technologies de la santé, les sciences de la vie, les biotechnologies et la cybersécurité. Donald Blaine Huffines dit vouloir investir dans des entreprises ayant « le potentiel d’avoir un impact transformateur sur l’humanité ». Cette expression – impact transformateur sur l’humanité – prend une résonance particulière lorsqu’on sait qui d’autre a utilisé un langage quasi identique pour décrire ses investissements scientifiques, et ce qu’il finançait réellement.

Epstein et la science

Epstein a passé les vingt dernières années de sa vie à se présenter comme un philanthrope scientifique. Sa fondation a financé le Programme de dynamique évolutive de Harvard, le Media Lab du MIT et des organisations transhumanistes, se faisant passer pour un mécène visionnaire du progrès humain. Selon les documents mis en ligne par la justice américaine, il avait aussi une obsession persistante pour l’eugénisme.

Epstein a confié à au moins un autre eugéniste son espoir de faire congeler son cerveau et son pénis après sa mort, afin de pouvoir réanimer ses organes pour de futures applications transhumanistes. Il avait également décrit son projet d’utiliser son ranch du Nouveau-Mexique pour inséminer simultanément des dizaines de femmes, afin de disséminer son patrimoine génétique à l’humanité. Au moins une jeune fille a été séquestrée au ranch Zorro, inséminée à plusieurs reprises par Epstein, et contrainte de remettre son nouveau-né à Ghislaine Maxwell à la naissance. Ce « ranch à bébés » n’était pas qu’une simple aspiration : il existe des preuves de son existence.

La fondation d’Epstein finançait également le salaire du vice-président de la World Transhumanist Association, un groupe dont l’objectif déclaré est « d’influencer profondément une nouvelle génération de penseurs qui osent envisager l’avenir de l’humanité ». Il finançait George Church, le généticien de Harvard qui a développé une application permettant de mettre en relation des personnes en fonction de leur compatibilité génétique. Il finançait la Edge Foundation, le cercle intellectuel qui réunissait les hommes les plus influents de la Silicon Valley lors de ce qu’on appelait les « dîners des milliardaires ».

Epstein croyait que certaines personnes — dont lui — étaient biologiquement supérieures, et que la science était le mécanisme par lequel cette supériorité pouvait être propagée et préservée.

Cellules prélevées sur le cœur de nouveau-nés

Regardez maintenant ce que Donald Blaine Huffines et son fils Russell Huffines financent.

Secretome Therapeutics, une société de biotechnologie financée par Huffines, est une entreprise qui développe des thérapies dérivées de cellules progénitrices cardiaques néonatales — des cellules prélevées sur le cœur de nouveau-nés de moins de trente jours — pour le traitement des maladies cardiovasculaires. Son produit phare, le STM-01, a obtenu la désignation de procédure accélérée (Fast Track) de la FDA en mars 2025 pour le traitement de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée.

En septembre 2024, HEST Investments a mené un investissement de 1,8 million de dollars dans Secretome Therapeutics via une société à vocation spécifique. Donald Blaine Huffines a annoncé personnellement cet investissement, déclarant qu’il « correspond parfaitement à notre vision de stimuler l’innovation et de changer la perspective sur la façon dont nous faisons progresser la santé humaine ».

Secretome Therapeutics affirme explicitement que ses cellules proviennent de tissus cardiaques néonataux prélevés avec le consentement éthique de nouveau-nés lors d’interventions chirurgicales médicalement nécessaires chez des nouveau-nés à terme traités pour des malformations cardiaques congénitales, et qu’elle n’utilise ni cellules souches embryonnaires ni tissus issus d’interruptions volontaires de grossesse. Il n’empêche que l’homme qui a racheté le ranch d’Epstein – et dont le fils travaille aujourd’hui à la Maison-Blanche sous la présidence de Donald Trump – a investi dans une entreprise qui prélève et développe des thérapies à partir de cœurs de nouveau-nés. Il n’existe que trois scientifiques au monde spécialisés dans ce domaine de recherche, et l’un d’eux, Eric Olson, apparaît à deux reprises dans les dossiers Epstein.

Epstein et Eric Olson

Les obsessions scientifiques documentées de Jeffrey Epstein incluaient la manipulation biologique de la reproduction et du développement humains, la collecte et la conservation de matériel biologique, ainsi qu’un intérêt constant pour ce qu’il appelait l’amélioration de l’espèce humaine. Il finançait des scientifiques et rêvait, comme il l’a écrit, d’un monde façonné par sa biologie.

De Secret Home à Secretome

Il est intéressant de noter que Secretome Therapeutic est un homophone de Secret Home, créé par Donald Blaine Huffines pour acheter en toute discrétion le ranch Zorro.

Secretome n’est pas le seul investissement de HEST. HEST a également réalisé un investissement stratégique d’un million de dollars dans American Binary, une entreprise spécialisée dans le chiffrement post-quantique, qu’elle a qualifié d’« étape importante vers le renforcement de la sécurité numérique à l’aube de l’ère de l’informatique quantique ». HEST a par ailleurs investi dans Valerion, une entreprise de technologies de batteries basée à l’Université du Michigan.

Ce portefeuille, pris dans son ensemble, révèle une ambition particulière : la maîtrise des matières premières biologiques, des infrastructures énergétiques et du chiffrement du monde numérique. Il ne s’agit pas de paris hasardeux, mais de paris sur les points névralgiques du siècle prochain.

Focus sur cette famille

Le grand-père de Donald Blaine Huffines a fondé Huffines Motor Company en 1924. Son père, James Lecil « JL » Huffines Jr., a transformé cet empire automobile en une dynastie de concessionnaires automobiles dans le nord du Texas, a dirigé deux banques à Dallas en tant que président et a siégé au conseil d’administration de l’université Texas A&M sur nomination du gouverneur.

Donald Blaine Huffines est diplômé de l’université du Texas à Austin avec un BBA en finance, a cofondé Huffines Communities avec son frère jumeau Phillip en 1985 et a consacré sa carrière à développer le nom, la fortune et le réseau familial que son père a mis toute sa vie à construire.

Don et Mary Catherine Huffines (née Myers) sont mariés depuis 37 ans et ont cinq enfants : Colin, Devin, Terence, Deirdre et Russell. Mary Catherine Huffines figure à la page 78 d’une contestation fiscale de 87 pages, mentionnée dans les documents judiciaires comme la fiduciaire de la SARL dont l’acquisition du ranch Zorro a été structurée de manière à préserver l’anonymat complet de la famille. C’est elle qui a signé l’acte.

Colin Huffines cogère les projets immobiliers familiaux. Il était gérant de San Rafael One LLC, l’entité liée au ranch – jusqu’à ce que, plus tôt cette année, son nom disparaisse discrètement du document.

Devin Huffines, après avoir décroché son BBA en finance à l’Université du Texas à Austin, est devenu courtier junior chez CBRE puis a rejoint Four Rivers Capital, une société de capital-investissement et de développement basée à Dallas, où il est associé principal depuis 2017. Il a épousé Katie Snyder, une ancienne membre d’une sororité de l’Université d’Alabama, qui travaillait comme attachée de presse pour la société panhellénique avant de se spécialiser dans la gestion des réseaux sociaux – une femme dont toute la carrière est axée sur la gestion de l’image et de la réputation institutionnelle.

Alain Escada

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