
Le 14 juin, les Suisses sont appelés aux urnes pour se prononcer sur une initiative visant à limiter le nombre d’habitants à 10 millions d’ici 2050.
Pour la majorité de Français qui nous lisent, il faut expliquer qu’en Suisse tout citoyen ou groupe de citoyens a la possibilité de soumettre un projet de loi au suffrage universel selon des règles qu’il serait compliqué et fastidieux de détailler dans ces lignes. Retenons simplement que le projet doit recueillir un certain nombre de signatures de citoyens jouissant de leurs droits civiques.
L’UDC, considérée sur l’échiquier politique suisse très abusivement comme l’extrême-droite, est à l’origine de cette initiative. Elle a contre elle l’ensemble de la classe politique représentée au parlement toutes chambres confondues.
L’initiative prévoit un plafond de 10 millions d’habitants dans le pays, au-delà duquel seraient déclenchées un certain nombre de mécanismes restreignant l’entrée, le séjour et l’établissement sur le territoire. Bref, pour des gens de bon sens comme vous et moi, rien que de la logique, de la raison et de l’équilibre
Il va de soi que de telles mesures impliqueraient la dénonciation d’un certain nombre d’accords internationaux – notamment avec l’Union européenne – destinés uniquement à verrouiller tout retour en arrière sur un certain nombre de sujets chers aux mondialistes au rang desquels l’invasion migratoire figure en bonne place.
Pourtant, nous l’avons vu, il n’y a là-dedans que du bon sens. La Suisse est un pays de montagne aux zones habitables limitées, dans lequel comme ailleurs une trop forte densité de population serait préjudiciable au bien-être de ceux qui y vivent, y sont nés et n’ont nulle part ailleurs où aller.
La classe politique dans son ensemble est folle de rage. La violence médiatique contre le projet est facilement imaginable.
Les sondages sont serrés. Comprenez que le « oui » qui ne fait que refléter le bon sens populaire est largement majoritaire, mais qu’il ne faut surtout pas le dire. La fourchette se situerait entre 47 et 52%. Au-delà du caractère manipulateur des sondages, ces derniers ont au moins le mérite de mettre en exergue la fracture de représentativité entre le peuple et ses dirigeants.
Vous me direz à l’instar de l’Ecclésiaste, « rien de nouveau sous le soleil ». Au risque d’enfoncer à nouveau une porte ouverte, je suis tenté de me poser la question de savoir si la classe politique en Suisse comme ailleurs représente vraiment la population comme elle est sensée le faire, ou bien des intérêts bien éloignés géographiquement et politiquement de notre pauvre Suisse ?
Les partisans du rejet insistent lourdement avec tous leurs relais sur tout ce qui menace la Suisse si elle votait en faveur de l’initiative. Fin de la prospérité (comme si l’immigration halogène de masse était un gage de prospérité), pénurie de main d’œuvre au service d’une population vieillissante, plus la peste, le choléra, le cancer généralisé, les tremblements de terre, la hausse du niveau des océans, les sept plaies d’Égypte… la liste est loin d’être exhaustive. Et puis Bruxelles pourrait se fâcher.
Il est intéressant d’entendre la gauche et le patronat suisse parler d’une seule voix.
Parce que bien entendu, les gauchistes ne trouvent rien à redire aux patrons qui tirent les salaires à la baisse en faisant rentrer la misère du monde moins regardante sur sa rémunération toujours plus intéressante à première vue que celle qui est pratiquée dans son pays d’origine.
L’extrême-gauche n’est pas non plus en reste. Les verts pastèque n’ont rien contre la bétonisation inévitable engendrée par la nécessité de loger les nouvelles « chances pour la Suisse ».
Que les gauchistes qui se seraient perdus par hasard dans ces pages se rassurent, l’initiative n’a aucune chance de passer.
Trop de verrous infranchissables.
1. La violence médiatique : les médias de propagande font, on s’en doute, la part belle aux partisans du rejet. Les rédactions sont du reste composées presque en totalité d’opposants à l’initiative.
2. La manipulation institutionnelle : on fait croire aux Suisses que l’immigration est majoritairement d’origine européenne. La bonne blague. Les immigrés qui ont, lors de leur passage en Espagne, obtenu des papiers espagnols sont comptabilisés comme des immigrés d’origine européenne. Il suffit donc qu’une vache séjourne quelques temps dans une écurie pour qu’elle devienne cheval.
3. La fraude électorale. Outre les grossières manipulations médiatiques et donc l’iniquité du temps de parole, le vote par correspondance permet une fraude massive, ou à tout le moins une absence totale de transparence sur le dépouillement. Notons que pour être victorieuse, l’initiative doit obtenir ce qu’on appelle en Suisse la « double majorité ». Il faut à la fois recueillir 50% plus une voie, mais il faut aussi que le « oui » l’emporte dans une majorité de cantons. Comme ailleurs, si le « oui » paraît acquis dans un certain nombre de cantons alémaniques ruraux, l’initiative risque d’être balayée d’un revers de main dans les cantons bolchéviques : Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura ou Fribourg.
4. Si par miracle le « oui » venait à l’emporter, les instances fédérales n’appliqueraient jamais les mesures votées par le peuple.
Pardon de ce tableau bien pessimiste. Cependant, pour laisser au lecteur un goût moins amer, qu’on me permette une réflexion. Le débat a lieu. D’accord, les conditions sont hostiles et inéquitables, mais il existe. Et tant qu’il existe, la résistance vit.
Elle est certes très faible. Mais gardons à l’esprit que si vous écrasez une abeille entre vos doigts, elle va mourir bien sûr, mais elle ne mourra pas sans vous avoir piqué. Car si tel n’était pas le cas, cela ferait longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeilles.
Jacques Frantz
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