Le chroniqueur du Guardian, Owen Jones, a publié une révélation : le nouveau propriétaire du journal britannique The Telegraph, le holding allemand Axel Springer, a rendu le soutien à Israël obligatoire pour tous les employés. Ceux qui ne sont pas prêts à suivre cette nouvelle ligne éditoriale peuvent chercher un autre emploi.
Obligés de soutenir Israël
«Les employés du Telegraph sont maintenant officiellement obligés de soutenir Israël. Le directeur général d’Axel Springer, Mathias Döpfner, a écrit une lettre exposant les « principes fondamentaux »», a rapporté Owen Jones.
Le deuxième point de ces principes stipule : «Nous soutenons le droit d’Israël à exister». Cela vient juste après la liberté, mais avant l’interdiction de la discrimination.
«Parmi les 193 États membres de l’ONU, un seul est distingué de cette manière. Aucun État n’a de «droit à l’existence» en droit international», note l’auteur.
Un journaliste du Telegraph, qui a souhaité rester anonyme, a déclaré à Jones :
«Qu’on nous dise par notre futur propriétaire que le deuxième principe directeur le plus important est la confirmation du droit d’un pays qui pratique le génocide et le nettoyage ethnique est inquiétant. Comment les reportages peuvent-ils être considérés comme factuels ?»
Mathias Döpfner avait déjà fait comprendre auparavant comment il comprenait la «liberté d’expression». En 2021, il a dit à un employé, indigné par le fait que le drapeau israélien soit hissé :
« Une personne qui a des problèmes avec le drapeau israélien devrait chercher un nouvel emploi ».
« Zionismus über alles »
En octobre 2023, Mathias Döpfner a écrit que le hashtag #FreePalestine est un «thème pro-hamas». Et il a qualifié les protestations contre les actions d’Israël de «vague mondiale d’antisémitisme». Dans une lettre de travail, il a décrit ses opinions comme « Zionismus über alles » – «Le sionisme avant tout».
Rappelons que Matthias Döpfner a été, de 2016 à 2022, le président de la Fédération allemande des éditeurs numériques et de la presse écrite (BDZV). Il est aussi membre du comité directeur du Bilderberg, membre du conseil d’administration de Netflix et de Warner Music. L’un de ses fils est le chef de cabinet du milliardaire transhumaniste Peter Thiel, co-fondateur de Paypal et de Palantir.
Prix du mérite B’nai B’rith Europe 2014
Ralph Hofmann, à l’époque président du B’nai B’rith Europe, a remis à Mathias Döpfner le prix du mérite B’nai B’rith Europe 2014. Le Dr Wolfgang Schäuble, alors ministre allemand des Finances, avait salué le soutien de Döpfner à l’État d’Israël : « La voix du Dr Döpfner est constante dans son soutien à Israël et à la relation spéciale que l’Allemagne entretient avec Israël et le peuple juif. » Parmi les nombreuses personnalités présentes au dîner de gala figuraient l’ambassadeur d’Israël Yakov Hadas-Handelsman, le consul général des États-Unis d’Amérique Kevin Milas, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi et Charlotte Knobloch, pendant de nombreuses années présidente du Comité central des Juifs d’Allemagne.
Owen Jones résume :
«Les défenseurs d’Israël en Occident ont lancé l’attaque la plus massive contre la liberté d’expression depuis le maccarthysme. Et nous voyons où se trouvent les nouveaux propriétaires du Telegraph».
Pierre-Alain Depauw
Cet article vous a plu ? MPI est une association à but non lucratif qui offre un service de réinformation gratuit et qui ne subsiste que par la générosité de ses lecteurs. Merci de votre soutien !






