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Le 11 mars 1963, le colonel Jean-Bastien-Thiry tombait au Fort d’Ivry sous les balles françaises d’un peloton d’exécution.
Le docteur Petit raconte : « J’ai eu le privilège redoutable et l’honneur de recueillir les dernières paroles de Bastien-Thiry et de faire sa connaissance à quatre heures du matin lorsqu’il a été réveillé par les magistrats et par l’Aumonier.
Le Père Vernet et moi étions là les premiers. Nous étions tous deux dans un petit bureau et attendions… Puis vint l’heure solennelle, cette heure qui m’a marqué profondément. Je crois que jamais ne vivrai quelques chose d’aussi émouvant que cette Messe célébrée par le Père Vernet dans une cellule attenante à celle de Bastien-Thiry qui venait d’être réveillé. Cette messe fut chantée. Je me rappelle très bien du Credo en latin, récité avec force. La présence ou plutôt l’action de Bastien-Thiry dans cette messe est un souvenir inoubliable. Il répondait phrase par phrase et chantait en même temps que le célébrant. Dans cette cellule-chapelle se trouvaient les trois avocats Maître Tixier-Vignancourt, Maître Le Coroller et Maître Dupuy, le directeur de la prison M. Marty et moi.
La messe dite, le cortège a commencé à se former. Là j’ai pu parler avec lui, quelques instants. Apprenant que j’exerçais à l’hôpital de Bourg-la-Reine, à quelques cent mètres de chez lui, il me dit « Docteur, je vous demande avec insistance de bien vouloir vous occuper de ma femme et de mes trois filles ». Pendant que nous bavardions, il était, indiscutablement le plus courageux de nous deux. J’ai eu l’impression, une fois cette messe terminée que je n’avais plus devant moi, un homme mais un enfant. Un enfant qui était beau, qui était blond, qui n’avait plus les pieds sur terre… Il était déjà monté vers le Ciel. Cette pensée peut vous paraître extraordinaire, mais c’est la vérité. C’est le souvenir que j’ai gardé de lui.
Tandis que nous parlions les avocats essayaient encore par différents moyens, de faire en sorte que l’on ne passe pas à l’exécution. Alors arriva le Procureur général Gerthoffer : « Allons pressons, pressons et que ça se fasse ! »
On a ouvert les portes, une camionnette était prête. Le Père Vernet est monté seul avec Bastien-Thiry. Je suis monté dans une autre voiture pour les suivre.
Le cortège s’est mis en route, sous un temps extraordinairement bas, mauvais, pluvieux. D’une tristesse étrange. Nous nous dirigions rapidement vers le Fort d’Ivry où devait avoir lieu l’exécution. Courageux, Bastien-Thiry est apparu au pied d’un mur. Il y avait un poteau un peu plus loin. Digne, toujours calme, il s’est dirigé d’un pas bien frappé vers ce poteau. Avec le père Vernet, nous nous sommes mis à côte à côte pour essayer de nous donner du courage. Nous l’avons embrassé. Il avait son chapelet. La salve est partie. Il est tombé en avant. Le Père Vernet a retiré son chapelet de sa main serrée pour le remettre à son épouse. Nous l’avons embrassé une dernière fois.
Voilà exactement comment ça s’est passé. » « Des hommes inflexibles, prêts au sacrifice suprême pour défendre leur idéal, peuvent renverser le sens de l’histoire et rendre son âme au Monde Libre ». Alexandre Soljenitsyne
Le colonel Bastien-Thiry mort en récitant son chapelet et en priant pour la France, demeure devant l’Histoire le symbole de la Fidélité et du respect de la parole donnée.
Retrouvez dans ce livre L’X en Croix, du colonel Bernard Moinet, lettres, témoignages, photos, poèmes, prières, évocations, … pour que le souvenir perdure. Plus d’informations et commande sur LIVRES EN FAMILLE
L’X en Croix, Colonel Bernard Moinet, Editions Ulysse, Nombreux documents et photos en noir et blanc, 64 pages, 6.50 €.
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Le dernier héros français.
Le maître Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello du commando Hubert, le colonel Beltrame étaient aussi des héros.
Poignant!!!
Le Ciel lui-même était en deuil et pleurait sur le sort du dernier fusillé de France. À 159 ans de distance, presque jour pour jour, le Chef de l’État commettait une faute en assouvissant une vengeance personnelle.
Au contraire le Ciel était en fête car le Bon Dieu accueillait près de lui ce grand catholique qu’était le colonel Bastien Thiry.
Quand on lit ce témoignage on est dans l’admiration : quelle sainte mort. « Il était déjà monté vers le Ciel. » dit le docteur Petit.
Il y a toujours beaucoup de joie au Paradis lorsqu’un nouvel arrivant y entre.
La vraie justice est celle de Dieu pas celle des hommes.
Excusez moi , mais qu’avait-il fait ?