
Réponse à la lettre ouverte des professeurs de l’Université franciscaine de Steubenville d’un catholique qui va à la messe dans une chapelle de la FSSPX et qui soutient les sacres (1) décidés par son Supérieur Général.
« Et vous, voulez-vous partir, vous aussi ? » (Jean 6, 67)
Vous nous posez la question que Notre-Seigneur adressa à ses Apôtres au moment où la foule se scandalisait du discours sur le Pain de Vie. La réponse de Pierre fut immédiate : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle. » C’est précisément cette réponse qui est la mienne. Je ne pars pas — je reste avec le Christ tel que l’Église l’a confessé pendant vingt siècles, avec la messe que tous les saints ont célébrée, avec la doctrine que tous les Conciles ont définie. La question que je vous retourne est celle-ci : c’est vous qui me demandez de partir de là.
Mais avant d’entrer dans le débat théologique que votre lettre appelle, permettez-moi de relever quelque chose que vous n’avez pas semblé mesurer. Vous êtes théologiens, professeurs, religieux. Votre vocation est admirable et je ne la mets pas en cause. Mais aucun d’entre vous n’a jamais eu à répondre devant Dieu de la transmission de la Foi à des enfants — pas à des étudiants volontaires inscrits dans une université catholique de leur propre choix, mais à des enfants, héritiers d’une Foi qu’ils n’ont pas choisie et que leur père doit leur donner ou leur laisser perdre. Quand je lis votre lettre, j’y vois la sérénité de ceux qui n’ont jamais regardé un enfant dans les yeux en se demandant si la Foi qu’ils lui transmettent survivra à sa vingtième année. Cette différence n’est pas anecdotique. Elle est au cœur de tout ce qui suit.
I. Lex orandi, lex credendi : une loi théologique que soixante ans ont vérifiée
Vous invoquez la Tradition sacrée. Soit. La Tradition enseigne depuis le pape Célestin Ier — et saint Prosper d’Aquitaine le formula au Ve siècle avec une précision qui n’a jamais été démentie — que la règle de la prière est la règle de la Foi : legem credendi lex statuat supplicandi. Ce n’est pas un principe traditionaliste. C’est un axiome patristique reçu par le magistère constant de l’Église, que vous enseignez vous-mêmes à vos étudiants.
Or le rite issu de la réforme de 1969 constitue, selon les termes mêmes du cardinal Ratzinger dans son Entretien sur la Foi de 1985, non pas un développement organique de la liturgie romaine, mais une « fabrication » (Fabrikat) produite par une commission. Le cardinal Ottaviani, Préfet du Saint-Office, avait écrit dès 1969 au pape Paul VI que ce rite « s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Messe telle qu’elle a été formulée à la session XXII du Concile de Trente ». Ce n’est pas Mgr Lefebvre qui le disait — c’est le gardien de la foi doctrinale de l’Église.
Si lex orandi, lex credendi est vrai — et il l’est, de l’autorité même de la Tradition que vous invoquez — alors un rite qui obscurcit le caractère sacrificiel de la messe, qui supprime les prières explicites du sacrifice propitiatoire, qui substitue à l’orientation théologale du célébrant vers Dieu une disposition d’assemblée repliée sur elle-même, ne peut produire qu’une foi progressivement vidée de sa substance surnaturelle. Soixante ans de désaffection massive, d’ignorance doctrinale généralisée et de défection des baptisés en Occident constituent la vérification expérimentale de ce principe théologique. On ne peut à la fois soutenir que lex orandi, lex credendi est vrai et refuser d’en tirer les conséquences pastorales devant les résultats documentés.
Quand j’emmène mes enfants à la messe traditionnelle, ils voient un prêtre tourné vers Dieu, qui s’efface devant le mystère ; ils reçoivent le Corps du Christ à genoux, sur la langue, dans une posture d’adoration que leur corps intériorise avant même que leur intelligence n’en comprenne le sens ; ils entendent un chant qui n’appartient pas au temps. Sans qu’on leur explique rien, ils apprennent que Dieu est grand, que l’homme est petit, que ce qui se passe ici n’est pas de l’ordre du monde. Ce que la liturgie ordinaire dans sa pratique habituelle leur enseignerait — par les mêmes voies non-discursives — est radicalement différent : un Dieu compagnon, une assemblée qui se regarde elle-même, un mystère banalisé jusqu’à disparaître. C’est la loi de lex orandi à l’œuvre — dans les deux sens. Et c’est moi, pas vous, qui en réponds devant Dieu.
II. Les ambiguïtés doctrinales du Concile : un problème réel que l’honnêteté ne peut esquiver
Vous citez Lumen Gentium et Unitatis Redintegratio comme des autorités sans appel. Mais votre lettre ne mentionne pas les difficultés doctrinales réelles que certains textes conciliaires posent — et qu’un théologien honnête ne peut réduire à des malentendus de lecture.
Dignitatis Humanae proclame que « la personne humaine a droit à la liberté religieuse » dans l’ordre civil, en fondant ce droit non sur la tolérance prudentielle qu’admettait la tradition thomiste, mais sur la dignité de la personne humaine comme telle. Ce faisant, il entre en contradiction frontale avec l’enseignement constant et réitéré des pontifes romains du XIXe siècle : Mirari Vos de Grégoire XVI (1832), Quanta Cura et le Syllabus de Pie IX (1864), Libertas Praestantissimum de Léon XIII (1888). Ces documents n’engagent pas seulement l’opinion personnelle de leurs auteurs — ils relèvent du magistère ordinaire universel. La question que vous ne posez pas, et que je vous pose : peut-on enseigner dans une université catholique que le magistère ordinaire universel peut se contredire lui-même sans que personne n’ait à justifier lequel des deux a raison, ni selon quel principe ?
Nostra Aetate déclare que les non-chrétiens peuvent parvenir à la vie éternelle en suivant leurs propres traditions religieuses, sans articuler la nécessité de la foi au Christ ni celle du baptême. Cette affirmation entre en tension directe avec la définition solennelle du Concile de Florence (Cantate Domino, 1442) : « Nul, pas même les païens, les juifs, les hérétiques et les schismatiques, ne peut avoir part à la vie éternelle s’il ne s’unit à l’Église catholique avant sa mort. » Il ne s’agit pas d’une décision disciplinaire susceptible de révision — c’est une définition de foi engageant le magistère solennel. Comment enseigner simultanément les deux sans résoudre la contradiction, ou sans au moins la nommer ?
Ces tensions ne sont pas des disputes réservées à vos amphithéâtres. Elles ont des effets que je mesure concrètement : mes enfants entendent dans la bouche de leurs cousins « catholiques », formés par le système pastoral ordinaire, que toutes les religions conduisent à Dieu, que l’Enfer est probablement vide (comme l’a dit publiquement le pape François), que la conscience personnelle est la règle suprême de la morale. Ils ne l’ont pas appris chez des militants athées — ils l’ont reçu de catéchètes catholiques, formés dans des diocèses en pleine communion avec Rome. C’est l’ambiguïté doctrinale des textes conciliaires et de leur interprétation dominante qui a engendré cette situation — non la Tradition.
III. Les actes des pontifes postconciliaires : ce que l’obéissance ne peut pas absorber
Vous m’invitez à la soumission au Successeur de Pierre comme condition de l’unité catholique. J’y crois — et précisément parce que j’y crois, je ne peux pas faire comme si certains actes pontificaux postconciliaires n’avaient pas eu lieu, ni comme si leur signification objective pour la Foi était indifférente.
En octobre 1986, Jean-Paul II réunit à Assise les représentants de toutes les religions du monde pour prier ensemble pour la paix. Des animistes y sacrifièrent des poulets. Des bouddhistes placèrent leurs statuettes sur des autels d’églises catholiques. Le dispositif signifiait visiblement que toutes ces prières montaient également vers le même Dieu — ce que la Foi catholique a toujours nié avec la dernière énergie. Le cardinal Ratzinger lui-même refusa d’y participer et déclara publiquement que cet événement risquait de donner l’impression que toutes les religions se valent devant Dieu — employant le mot de « scandale ». Ce mot est du futur Benoît XVI, pas de Mgr Lefebvre. La rencontre d’Assise fut répétée en 2002 et instituée en tradition récurrente.
Le 4 février 2019, le pape François signa à Abou Dhabi avec le Grand Imam d’Al-Azhar une « Déclaration sur la fraternité humaine » affirmant que « le pluralisme et la diversité des religions » sont « voulus par Dieu dans Sa sagesse ». La formulation est sans ambiguïté possible : Dieu veut que les hommes se divisent en religions différentes et contradictoires entre elles. Cette affirmation contredit directement la volonté salvifique universelle telle que la définit saint Paul — « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4) — et telle que l’Église l’a toujours entendue : cette vérité est une, elle est le Christ, et c’est le fondement de la mission. Si Dieu veut le pluralisme religieux comme tel, la mission évangélique cesse d’être un devoir pour devenir une violence faite à la volonté divine. Le cardinal Sarah et le cardinal Müller ont exprimé publiquement leurs graves réserves sur ce texte. Des cardinaux en pleine communion avec Rome — non des schismatiques.
En octobre 2019, lors du synode sur l’Amazonie, une statuette représentant la Pachamama — divinité de la terre dans les traditions religieuses andines, étrangère à toute assimilation chrétienne légitime — fut portée en procession dans l’église Sainte-Marie-in-Traspontina à Rome, placée sur l’autel, vénérée en présence du Pape dans les jardins du Vatican, puis portée à nouveau en procession jusqu’à la basilique Saint-Pierre pour la messe de clôture du synode. Lorsque des fidèles catholiques jetèrent ces statuettes dans le Tibre pour défendre la première des lois divines — « Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face » (Ex 20, 3) — le Pape François s’en excusa publiquement. Il s’excusa non de l’introduction de ces objets dans des lieux sacrés, mais de leur retrait. Je demande à vos théologiens de me dire, avec la précision que leur discipline exige, ce que cet acte signifie pour la Foi catholique en la première vérité du Décalogue.
Je ne juge pas les intentions ni les âmes. Je constate des actes publics, et je n’en n’ai recsnecé ici une infime partie, commis publiquement, dont la signification objective est accessible à tout catholique instruit. Et je demande comment on peut simultanément exiger des fidèles une soumission inconditionnelle au système pastoral qui a produit ces événements, et leur reprocher de chercher pour leurs familles un environnement où la Foi première — l’unicité de Dieu, la nécessité du Christ, l’incompatibilité de l’adoration catholique avec tout syncrétisme — est maintenue sans équivoque.
IV. La transmission de la Foi : le test que vos diplômes ne peuvent remplacer
Les chiffres sont ceux que vos propres conférences épiscopales publient : dans les pays où l’Église postconciliaire constitue l’offre pastorale dominante, entre 70 et 80 % des enfants baptisés et catéchisés dans les structures paroissiales ordinaires abandonnent toute pratique avant l’âge adulte. En France, la pratique dominicale régulière est tombée sous les 3 % des baptisés. En Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, au Québec, les chiffres sont comparables ou pires. Ces pays n’étaient pas en situation de mission au lendemain du Concile — ils étaient des pays de vieille et solide chrétienté. Ce qu’ils sont devenus en soixante ans est le résultat pastoral du système que vous défendez.
Dans les familles que je côtoie à la chapelle, le taux de persévérance dans la Foi est incomparablement supérieur, les familles nombreuses significativement plus fréquentes, la catéchèse doctrinalement dense et mesurable d’une génération à l’autre. Je ne dis pas cela pour me glorifier — je le dis parce que cela pose une question théologique de premier ordre à laquelle vous devez répondre. Si la loi suprême de l’Église est le salut des âmes — suprema lex salus animarum (can. 1752) — et si un cadre liturgique et doctrinal produit statistiquement la perte de la Foi là où un autre produit sa transmission, quel principe théologique justifie de sacrifier le second au nom de l’unité institutionnelle avec le premier ?
Votre université de Steubenville bénéficie d’un environnement catholique intentionnel, protégé, qui attire des familles déjà convaincues et des jeunes déjà engagés. Vous enseignez la théologie dans un cadre préservé — ce qui est une grâce réelle — mais cela ne vous donne pas l’autorité morale pour demander à des pères de famille d’exposer leurs enfants à un système pastoral dont vous êtes, précisément, isolés.
V. L’argument de l’unité et le primat de la Foi
Vous citez Pastor Aeternus sur la primauté et la juridiction universelle du Pontife romain, et le canon 751 sur le schisme. Je les cite avec vous — en y ajoutant ce que votre lettre omet soigneusement : le même canon 751 définit aussi l’hérésie comme « la négation obstinée d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique ». Ces deux réalités se tiennent ensemble et ne peuvent être séparées sans fausser l’enseignement de l’Église sur la communion ecclésiale.
Pastor Aeternus lui-même définit les conditions dans lesquelles le Pontife parle infailliblement : quand il définit ce que l’Église universelle a toujours cru et tenu. L’autorité pontificale est au service du dépôt de la Foi — elle n’en est pas la maîtresse absolue. C’est le sens de la formule de saint Vincent de Lérins, reprise par le Concile Vatican I : la Foi est ce qui a été cru partout, toujours et par tous — ubique, semper, ab omnibus. Ce critère est antérieur à toute autorité pontificale particulière et en constitue la mesure. Ce que le Pape ne peut pas faire, c’est définir comme catholique ce qui contredit ce critère — et l’obéissance catholique ne peut pas aller jusqu’à souscrire à une telle contradiction.
Mgr Lefebvre n’a pas agi contre Pierre. Il a agi pour que Pierre demeure Pierre — fidèle à la charge de confirmer ses frères dans la Foi (Lc 22, 32), non de les introduire dans le doute. Lorsqu’il écrivit en 1988 que la Rome actuelle est « Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante », il ne portait pas un jugement sur les personnes — il constatait une orientation objective d’un système, avec la lucidité d’un évêque qui avait servi l’Église missionnaire pendant quarante ans et savait ce que coûte la perte de la Foi à une âme. Et moi, père de famille, j’ai appris à partager ce diagnostic — non par idéologie, mais par expérience.
VI. Quatre d’entre vous ont déjà quitté l’Eglise d’une certaine façon
Scott Hahn — la thèse du Saint-Esprit maternel/féminin
C’est le cas le plus documenté et le plus utilisable rhétoriquement. Dans son livre First Comes Love (2002), Hahn a développé la thèse que le Saint-Esprit devrait être compris comme ayant un rôle « maternel » et « nuptial », ce qui a suscité des controverses théologiques significatives. La New Oxford Review a publié en 2002 un article intitulé « Burn Baby Burn » (littéralement : « brûlez ce livre »), dénonçant cette thèse comme dangereuse pour les fidèles. Des critiques ont noté que Hahn lui-même reconnaît que sa position « entre en tension avec la vision traditionnelle de la Trinité telle qu’exposée par saint Augustin et saint Thomas », et que ses sources patristiques sont obscures — Éphrem, Aphrahat et Narsaï constituant difficilement « quelques-uns des plus grands Pères », comme il l’affirme.
Le retournement rhétorique est fort : l’homme qui nous somme de nous soumettre à la Tradition romaine est le même qui, en 2002, a spéculé publiquement sur la féminité du Saint-Esprit en contradiction avec saint Thomas et saint Augustin — et qui a dû réviser son livre après les critiques.
Mark Miravalle — Medjugorje et les apparitions d’Amsterdam
Miravalle a écrit sa thèse de doctorat sur « le message de Medjugorje », des apparitions dont le statut ecclésial reste non reconnu et dont la CDF avait affirmé, dès 1957, 1972 et 1974, qu’elle « n’avait trouvé aucune preuve du caractère surnaturel des apparitions » d’Amsterdam. Le même théologien qui nous demande d’obéir au Saint-Siège fonde son apostolat principal sur des apparitions rejetées par la CDF.
John Bergsma — l’usage de la méthode historico-critique
Le Dr Bergsma est présenté par ses éditeurs comme un exégète qui emploie « les outils des solides méthodologies historico-critiques ». Ce détail mérite qu’on s’y arrête.La méthode historico-critique est née du rationalisme des XVIIIe et XIXe siècles. Son principe de base : traiter les textes sacrés exactement comme n’importe quel document antique, en faisant abstraction de leur inspiration divine et de la Tradition vivante qui les interprète.
Le cardinal Ratzinger lui-même a reconnu que cette méthode, appliquée seule, « conduit à enfermer les textes de la Bible dans le passé » et à « conclure à tant d’hypothèses éparses qu’en réalité, on ne peut rien conclure du tout ».C’est pourtant cette méthode, massivement introduite dans les séminaires à partir des années 1960, qui a formé des générations de prêtres incapables de prêcher la Résurrection corporelle autrement que comme un « symbole », de confesser la réalité de l’Enfer, ou d’affirmer sans équivoque la nécessité de la foi au Christ pour le salut. Non par mauvaise volonté — mais parce qu’ils appliquaient avec cohérence ce qu’on leur avait enseigné. Je constate simplement que ceux qui nous reprochent de ne pas faire confiance au système pastoral postconciliaire pour transmettre la Foi à nos enfants sont eux-mêmes formés dans des outils herméneutiques dont les présupposés philosophiques ont largement contribué à cette dissolution.
Michael Waldstein
Waldstein est un disciple déclaré de Hans Urs von Balthasar, dont il a approfondi la pensée tout au long de sa carrière. Or la théologie de Balthasar n’est pas une théologie de stricte tradition — et ce ne sont pas des « intégristes » qui l’ont établi.
Dans Espérer pour tous (1988) et L’Enfer, une question (1991), Balthasar défend l’idée qu’il nous est permis — voire imposé — d’espérer que l’Enfer est vide de damnés. Cette thèse ressuscite, sous une forme atténuée, l’apocatastase d’Origène — la doctrine selon laquelle tous les hommes et même les démons seront finalement sauvés — que le IIe Concile de Constantinople a condamnée en 553. La Tradition catholique, de saint Augustin à saint Thomas, a toujours enseigné non seulement la réalité de l’Enfer mais la certitude que des âmes y sont damnées — certitude que Notre-Seigneur lui-même fonde dans l’Évangile : « Beaucoup sont appelés, peu sont élus » (Mt 22, 14). Si Balthasar a raison, des siècles de prédication missionnaire fondés sur l’urgence de la conversion étaient une erreur.
Sur la descente aux Enfers, Balthasar soutient que le Christ y a souffert les peines des damnés par solidarité. Cette thèse a été rigoureusement réfutée dans une thèse de doctorat soutenue à l’Angelicum de Rome : Alyssa Lyra Pitstick y démontre que Balthasar « représente mal les textes scripturaires, patristiques et magistériels et ignore simplement les aspects de la Tradition qui ne conviennent pas à son argumentation » — et que sa position présente des points de contact troublants avec la théologie de Luther et de Calvin sur le même sujet.
Cela ne fait pas de Waldstein un hérétique. Mais cela pose une question précise : l’un des signataires de cette lettre est formé dans une école théologique dont les thèses les plus caractéristiques entrent en contradiction avec des définitions conciliaires, avec l’enseignement constant des Docteurs de l’Église et avec les paroles mêmes du Christ sur le jugement et la damnation. Ces mêmes théologiens nous reprochent de ne pas confier nos enfants au système qu’ils représentent.
Dans ce contexte que vaut votre attachement à l’Eglise ?
Conclusion
Non, je ne veux pas partir. « Seigneur, à qui irions-nous ? » Je reste avec le Christ tel qu’Il s’est donné à l’Église depuis les Apôtres, avec la messe de saint Léon et de saint Grégoire le Grand, avec la doctrine définie par les Conciles œcuméniques, avec le catéchisme que des générations de saints ont transmis à leurs enfants. Non par nostalgie d’une époque révolue, mais parce que c’est là, et là seulement, que je trouve les moyens certains et éprouvés de ma sanctification et de la transmission intègre de la Foi à ceux que Dieu m’a confiés.
Vous me demandez de revenir. Je vous pose en retour une question à laquelle votre honnêteté vous oblige de répondre : dans l’état actuel du système pastoral ordinaire — avec ses résultats documentés, ses ambiguïtés doctrinales non résolues, sa liturgie réformée contre la loi organique du développement traditionnel, et les actes pontificaux que je viens de rappeler — pensez-vous sincèrement qu’un père de famille catholique peut y conduire ses enfants sans mettre leur Foi en péril ?
Si vous répondez oui, montrez-le par les fruits. Soixante ans de fruits parlent déjà.
Xavier Celtillos
(1) Lire aussi sur les diverses prises de position à propos des futurs sacres dans la FSSPX :
– A propos des futurs sacres dans la FSSPX : « Avec ou sans mandat « , par l’abbé Jean-Michel GLEIZE
– Dans un communiqué du 2 févier 2026 la Maison Générale de la FSSPX annonce de futurs sacres.
– Mgr Viganò, archevêque, réagit à l’annonce des futurs sacres décidés par les autorités de la FSSPX auxquelles il apporte son plein soutien.
– Les sacres de la FSSPX, une réjouissance, par Mgr Thomas d’Aquin, OSB.
– Futurs sacres : les contacts se poursuivent entre la FSSPX et le Vatican
– Mgr Bernard Fellay s’exprime sur les raisons des futurs sacres épiscopaux avec ou sans mandat de Rome.
– Le district de France de la FSSPX fait lire un « mandement » lors des messes dominicales suite à l’annonce des futurs sacres épiscopaux.
– Réponse de la Fraternité à Rome : impossible de se mettre d’accord doctrinalement et maintien de la date du 1er juillet pour sacrer des évêques.
– Communiqué des instituts Ecclesia Dei ou la tentation sado-masochiste !
– Sacres de la FSSPX : le Père Louis-Marie de Blignières et l’usurpation intellectuelle
– Le cardinal Sarah appelle à l’unité suite à l’annonce par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X de procéder à des ordinations épiscopales sans mandat pontifical.
– L’abbé Jaime Mercant Simó, prêtre diocésain de Majorque, déclare à propos des futurs sacres de la FSSPX : « ni schisme ni péché ».
– Mgr Athanasius Schneider exhorte le pape Léon XIV à établir un pont entre Rome et la FSSPX
– Un avis circonstancié depuis la Nouvelle Calédonie sur les futurs sacres résumé par ce titre : « Ils arrivent » !
– Mgr Athanasius Schneider affirme que les consécrations épiscopales de la FSSPX ne seront en aucun cas schismatiques.
– Mgr Schneider réaffirme que les consécrations épiscopales de la FSSPX ne sont absolument pas schismatiques et espère la future canonisation de Mgr Lefebvre.
– Sacres sans mandat : une “échappatoire dialectique” ? par l’abbé Michel Morille (FSSPX)
– Qui déchire la tunique du Christ ? Entretien avec le Supérieur de la Fraternité Saint-Pie X
– Revue Fideliter n° 290 – Demain les sacres
– La FSSPX, les sacres : le point de vue d’un père de famille, Thibaut Marqueyrol, par Romanus
– Les sacres ou la morale : que reproche-t-on à la FSSPX ?, par Nicolas Moulin
– Peut-on ignorer l’état de nécessité dans l’Église ?, par M. l’abbé Alain Lorans, FSSPX.
– Prière pour les futurs évêques de la FSSPX à réciter du 8 mai au 1er juillet 2026.
– Une étude du RP Joseph d’Avallon, OFM cap. : « Un précédent aux sacres de la FSSPX, les sacres du 2 avril 1977 par le cardinal Slipyj ».
– État de nécessité et salut des âmes : les raisons dirimantes pour lesquelles les sacres de la FSSPX sont pleinement justifiés, par Rastignac.
– Le double étalon ecclésiadéiste : silence sur les scandales de Rome, vitupérations contre les sacres d’Écône.
– Le Vatican publie un communiqué déclarant les futurs sacres annoncés par la FSSPX comme étant « un acte schismatique » et « entraînant l’excommunication ».
– Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV par Don Davide Pagliarani, Supérieur Général de la FSSPX.
– Demain, l’excommunication !, par Gilles COLROY
– Les Dominicains d’Avrillé saluent l’annonce des futurs sacres d’évêques malgré le « non placet » du Vatican.
– À propos de la déclaration du 13 mai du cardinal Fernandez, par l’abbé Jean-Michel Gleize
– Mgr Schneider : « si le Pape les excommunie ce sera une immense erreur de rigidité pastorale et de sévérité unilatérale envers la Tradition dans l’Église ».
– L’auto-excommunication de l’autorité déviante selon Mgr Lefebvre.
– Sacres FSSPX – « Aucune autorité ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi. »
– La Maison générale de la FSSPX annonce les noms des quatre futurs évêques.
– « Je justifie les sacres de la Fraternité Saint-Pie X le 1er juillet prochain. » : homélie d’un prêtre diocésain prononcée le 10 mai 2026.
– Le pape met en garde contre les ordinations épiscopales de la FSSPX qu’il accuse ne pas adhérer à des « points fondamentaux » de l’Eglise.
– Nouveau rebondissement dans l’affaire des sacres : la Rome conciliaire veut déclarer tous les fidèles de la Tradition schismatiques !!!
– Appel à signer massivement la déclaration de soutien aux sacres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.
– Réponse aux « Dix questions aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X » de Don Stefano Carusi et l’abbé Louis-Numa Julien
– Être ou ne pas être schismatique : réponse du RP Joseph d’Avallon, OFM capucin, au communiqué du cardinal Victor Manuel Fernandez.
– Serons-nous excommuniés ? – Sermon prononcé le dimanche 21 juin 2026 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, par M. l’abbé Denis Puga.
– 24 juin 2026 : la FSSPX publie une lettre ouverte au pape Léon XIV et au Collège des cardinaux accompagnée d’une « Profession de foi » de 28 pages
– Des sacres pour l’Église, in Le Sel de la Terre n° 136 de juin 2026





