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Sanctoral
Saint Fidèle de Sigmaringen, Capucin, Protomartyr de la Propagande
Fidèle, né à Sigmaringen, ville de Souabe, de l’honnête famille des Rey, se distingua dès l’enfance par les dons singuliers de la nature et de la grâce dont il était orné. Durant le cours de ses études primaires, on admirait déjà sa mémoire prodigieuse, qui lui permettait de réciter à la lettre tout ce qu’on lui enseignait.
A l’Université de Fribourg-en-Bisgau où il étudie la philosophie et le droit, professeurs et élèves, enthousiasmés par son esprit pénétrant et son jugement, le surnommèrent le « Philosophe chrétien ». Le Recteur de l’Université disait de lui qu’il n’avait pas son pareil.
A peine rentré au couvent des capucins et avant même sa vêture, il donne des preuves de sa connaissance de l’ascétisme en rédigeant une règle pour favoriser les âmes à la vertu et fortifier leur volonté. Ce sont de brèves considérations et des prières brûlantes qui forment un petit livre intitulé : « Exercices de piété séraphique » et que les doctes appellent un « joyau » de la littérature religieuse. Benoît XIV a accordé en 1755, 60 jours d’indulgences à tous les religieux capucins qui, pendant 1 /4 d’heure, prieront en se servant des formules renfermées dans ces « Exercices ».
En remettant l’habit à ce postulant exceptionnel, son Père-Maître lui donne le nom de Fidèle et prononce ces paroles prophétiques : « Et vous, soyez fidèle jusqu’à la mort, et vous recevrez la couronne de la vie éternelle« . Fidèle, il le fut d’abord dans les petites choses. En tout il recherchait les travaux les plus vils, comme de balayer et de prêter son concours à la cuisine .. Autant d’actions qui le préparèrent, pendant son noviciat, à son glorieux apostolat et à l’héroïsme du martyre.
Son obéissance était celle d’un religieux parfait – jamais il n’a résisté à ses Supérieurs, même dans les actes qui paraissaient impossibles. Ainsi, en 1613, un peintre de renom se présente au Père Gardien et lui demande quelque traits de la vie de St François pour les reproduire sur la toile. Le Père Gardien demande au Frère Fidèle de satisfaire le désir de l’artiste. Comment faire ? il n’avait pas encore lu la vie du séraphique Patriarche. Sans discuter cet ordre qu’il regardait comme la volonté de Dieu, il se mit à raconter la vie du St Fondateur et en fit une description magnifique.
En peu de temps, il devient un prédicateur de renom. Avant de monter en chaire, il restait une heure entière prosterné devant le Tabernacle. Sa parole se révélait non pas seulement, entrainante, mais combattive et redoutable, comme le glaive qui frappe l’ennemi. Plusieurs personnes ne pouvaient s’en accommoder : elles ne supportaient qu’avec un extrême déplaisir la vérité qui sortait intacte, terrible, de la bouche du Saint. A. Altdorf, un monsieur de la haute société alla le voir après un de ses sermons et lui dit : « Mon Père, si vous désirez manger ici de bonnes soupes, vous devez prêcher d’une autre manière !! A quoi le Père Fidèle répondit: « Que m’importent vos soupes? Sachez que je ne prêche pas pour avoir vos soupes, mais je dis ce que me prescrit ma conscience ».
Il n’hésitait pas à condamner les habitudes mondaines et les toilettes trop recherchées de certaines dames qui venaient l’écouter. Il usait parfois de moyens très énergiques comme il le fit pour Euphrosine Pappus. Cette dame, d’une piété et d’une générosité dignes de louanges, portait sur la tête un objet de toilette un peu excentrique. Le Père Fidèle, la rencontrant un jour, lui dit : « Madame, c’est Satan que vous portez-là en guise de vanité, enlevez-le ! «
La prophétie qu’il réitéra le plus souvent est celle de l’époque et du genre de sa mort. Chaque jour, avant la Sainte Messe, il suppliait Dieu de l’éclairer à ce sujet. Quand il commença la mission du Prëtigon, il dit : « j’ai bon espoir de convertir les égarés ; cependant ils me mettront à mort. C’est certain ». Durant les deux dernières années qui précédèrent sa mort, il signait ses lettres de cette manière : « Frère Fidèle, qui sera bientôt la pâture des vers ». Plus le terme fatal approchait, plus il devenait précis : « Frère Fidèle qui sera à bref délai la pâture des vers ». Durant son dernier séjour à Feldkirch, il en arriva à cette expression : « Frère Fidèle qui sera, ces jours prochains, la pâture des vers ». (« esca vermium » ; « brevi esca vermium » ; « propediem esca vermium »).
Après son martyre, lorsque les Pères capucins allèrent chercher son corps, ils le trouvèrent percé de 22 trous mais incorrompu. Au-dessus du tertre où il reposait, avait poussé une fleur d’espèce inconnue, dont le calice, à demi-ouvert, avait des pétales tachetés de gouttelettes de sang. Des botanistes et deux célébrités scientifiques l’examinèrent et affirmèrent qu’ils n’avaient jamais vu une plante similaire. Les miracles obtenus par l’intercession du martyr ne se firent pas attendre. Le Père Lucien de Montifon, dans un ouvrage édité 52 ans après la mort de St Fidèle, en relate 305 qui ont été insérés, spécifiés et bien circonstanciés dans les procès-verbaux préparatoires à la béatification. C’est à la lecture de la vie de St Fidèle que le jeune Joseph Lopez décida d’entrer chez les capucins : « Moi aussi je veux me faire Capucin ; moi aussi comme St Fidèle, je veux être missionnaire !! » Il tint parole, revêtit la bure, et par ses vertus et ses miracles devint le grand apôtre de l’Espagne et du XVIII e siècle : le Bienheureux Jospeh-Didace de Cadix.
Extrêmement dévot à la Vierge Mère de Dieu, il se plaisait à réciter le rosaire, et demanda à Dieu, par l’intercession de Marie et celle des autres Saints, la grâce de donner sa vie et de verser son sang pour le service de la foi catholique. Comme cet ardent désir s’enflammait chaque jour davantage durant la célébration du saint Sacrifice, l’admirable providence de Dieu permit que ce courageux athlète du Christ fût choisi pour diriger les missions que la Congrégation de la Propagande venait alors d’établir chez les Grisons. Il reçût d’un cœur joyeux et empressé cette charge difficile, et l’exerça avec tant d’ardeur, qu’ayant réussi à convertir un grand nombre d’hérétiques à la foi orthodoxe, il fit luire l’espérance de voir cette nation entière se réconcilier avec l’Église et avec le Christ. Doué du don de prophétie, il prédit plusieurs fois les malheurs qui menaçaient le pays des Grisons, et la mort que lui feraient subir les hérétiques. Instruit des embûches qu’on lui tendait, après s’être préparé au combat qui lui était réservé, il se rendit, le vingt-quatre avril de l’an mil six cent vingt-deux, à l’église du lieu nommé Sévis : c’est là que des hérétiques qui, la veille, feignaient de se convertir, l’avaient invité insidieusement à prêcher. Son discours ayant été interrompu par un tumulte, Fidèle se vit accabler cruellement de coups et de blessures, et souffrit une mort glorieuse avec un cœur joyeux et magnanime, consacrant ainsi, par son propre sang, les prémices des Martyrs de la Congrégation de la Propagande. De nombreux prodiges et miracles l’ont rendu célèbre, principalement à Coire et à Veldkirch, où ses reliques se conservent et sont l’objet d’une très grande vénération de la part du peuple. Canonisé en 1746 par Benoît XIV et inscrit au calendrier par Clément XIV en 1771, saint Fidèle le Martyr, avec sainte Véronique Giuliani la Mystique stigmatisée et saint Laurent de Brindes, le Docteur de l’Église, forme la triple couronne du plus récent des grands ordres franciscains, celui des Capucins fondé en 1517.
Martyrologe
A Sévis, au pays des Grisons, saint Fidèle de Sigmaringen, prêtre de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins et martyr. Envoyé dans ce lieu pour prêcher la foi catholique, il fut massacré par les hérétiques, accomplissant ainsi son martyre. Il a été inscrit au nombre des saints martyrs par le souverain pontife Benoît XIV.
A Rome, saint Sabas, chef de la milice. Accusé de visiter les chrétiens détenus en prison, il confessa courageusement le nom du Christ devant le juge, qui le fit brûler avec des torches ardentes, puis jeter dans une chaudière pleine de poix bouillante, d’où il sortit sain et sauf. Par ce miracle, il convertit au Christ soixante-dix personnes, qui toutes montrèrent une constance inébranlable à confesser la foi et furent passées au fil de l’épée. Enfin Sabas fut jeté dans le fleuve et consomma ainsi son martyre.
A Lyon, en Gaule, l’anniversaire de saint Alexandre martyr. Durant la persécution d’Antonin Verus, il fut longtemps retenu en prison, puis tellement déchiré par la cruauté de ceux qui le frappaient, que ses côtes en furent disloquées, ses entrailles et ses intestins mis à nu; enfin il fut attaché à une croix, où épuisé, il rendit son esprit bienheureux. Avec lui souffrirent trente quatre autres chrétiens, dont on célèbre la mémoire à des jours différents.
A Nicomédie, les saints martyrs Eusèbe, Néon, Léonce, Longin et quatre autres, qui, après avoir été cruellement tourmentés, périrent par le glaive, durant la persécution de Dioclétien.
En Angleterre, la mise au tombeau de saint Mellitus évêque. Envoyé dans ce pays par le pape saint Grégoire, il convertit à la foi les Saxons de l’Est et leur roi.
A Elvire, en Espagne, saint Grégoire, évêque et confesseur.
A Brescia, saint Honoré évêque.
A Iona, en Ecosse, saint Egbert, prêtre et moine, homme d’une humilité et d’une abstinence admirables.
A Reims, en France, les saintes vierges Beuve et Dode.
A Angers, en France, sainte Marie de sainte Euphrasie Pelletier, vierge, fondatrice de l’Institut des Sœurs du Bon Pasteur. Le souverain pontife Pie XII l’a inscrite au nombre des Saintes.
A Milan, la conversion de saint Augustin évêque, confesseur et docteur de l’église. Le bienheureux évêque Ambroise lui enseigna la vérité de la foi catholique, puis le baptisa en ce jour.






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