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Nous avons connu Bernard Anthony, plus respectueux – pour rester dans l’euphémisation – envers les autorités vaticanes… Il faut dire que c’était du temps où le président de l’AGRIF croyait encore que Rome était toujours dans Rome et que l’octroi de quelques miettes, à travers quelques « paroisses personnelles », suffisait au bonheur des fidèles ecclésiadéistes.

Mais la réalité a rattrapé les rêves consensualistes de ceux dont l’existence repose (ou reposait ?) sur la condamnation de Mgr  Lefebvre qui avait lancé l’opération survie en sacrant quatre évêques en 1988.

Ne boudons pas cependant notre plaisir en lisant la lettre de quelqu’un qui, dans ce que l’on pourrait appeler du dépit amoureux, se lâche sans complexe et sans retenue.

Pape François,

Tout indique, à bien le lire, qu’avec votre Motu proprio Traditionis Custodes, vous venez, sans aucun doute, de perpétrer l’acte à ce jour le plus décisif de votre pontificat.

Cela n’a pas du être rien en effet, pour vous, pape régnant, que de décider d’annuler la mesure essentielle promulguée en 2007 par votre prédécesseur : le Motu proprio Summorum Pontificum.

Surtout, alors que ce dernier, le pape émérite Benoît XVI, tant admiré dans l’Eglise et au-delà pour sa lumineuse intelligence et sa foi, est toujours vivant, menant non loin de vous, au Vatican même, une retraite dans la prière et de méditation sur le devenir de l’Eglise. Surtout aussi que l’élaboration de ce Motu Proprio s’était manifestement inscrite dans la continuité de la volonté pacificatrice et de renouveau de la diversité liturgique voulue par saint Jean-Paul II.

Pape François, au lendemain de votre élection au Siège de Pierre vous aviez malicieusement émis pour les médias que vous vous reconnaissiez comme étant « un poco furbo », c’est-à-dire « rusé » en langue française. Cela renforçait la légitimité qui est celle de tout fidèle de ne pas accueillir avec une inconditionnelle soumission tous les faits et gestes du pape. D’autant plus que vous exprimiez aussi l’importance que vous accordez à la Praxis, ce mot spécifique du vocabulaire marxiste-léniniste désignant la prépondérance de l’action sur la pensée.

Et d’ailleurs, tous les observateurs, de droite ou de gauche, de votre carrière dans l’Eglise jusqu’à votre élection, s’accordaient à dire que, le souci de la liturgie n’était pas une de vos préoccupations majeures.

Pape François, il n’est aujourd’hui personne pour croire sérieusement que c’est réellement par souci d’unité liturgique que vous avez fait dégringoler sur l’Eglise votre Motu Proprio Traditionis Custodes. On se souvient au contraire de vos faits et gestes en faveur de toute la diversité de différents cultes des religions païennes, consacrés à la Pachamama en Amazonie ou au Grand Manitou en Amérique du Nord.

Non, assurément, ce n’est pas une passion d’unitarisme liturgique qui a pu motiver votre décision de prononcer ainsi un interdit majeur contre la liberté de la liturgie traditionnelle de l’Eglise catholique, c’est-à-dire contre la Messe séculaire, dite de Saint Pie V, à laquelle sont attachés un nombre toujours croissant de fidèles de l’Eglise latine de par le monde; en raison de ce qu’elle est pour eux la plus lumineusement expressive du renouvellement sur l’autel du Sacrifice du Christ.

Non vraiment, Pape François, nous croyons que ce n’est pas seulement pour une raison d’unification liturgique que vous avez fulminé ce véritable interdit violent de la liberté du culte traditionnel rétablie par votre prédécesseur.

Non, votre interdit, votre ukase, est le fait d’une décision principalement politique, mûrement réfléchie, le fait aussi de votre aversion si souvent inscrite sur votre visage à l’égard de ceux qui ne suivent pas votre politique. Or ce sont en effet souvent ceux qui sont attachés également à la conservation des dogmes et à celle du patrimoine civilisationnel de l’Eglise catholique.

Pape François, depuis votre militantisme dans l’Organización Única del Trasvasamiento Generacional (OUTG), mouvement de jeunesse du péronisme, vous avez clairement manifesté vos prédilections politiques.

On se souvient aussi de votre si ostentatoire compassion pour le dictateur communiste Fidel Castro, ce bourreau cruel non seulement de ses ennemis mais de tant de ses compagnons de combat comme le poète Armando Valladares.

Mais votre plus affligeante politique aura été celle « de l’abandon-trahison » de l’Eglise fidèle de Chine, ainsi dénoncée avec ces mots par l’héroïque Cardinal Zen Archevêque émérite de Hong Kong; Eglise livrée par un accord d’entière soumission à la férule du parti communiste de Xi-Jinping.

Et vous rêviez, pape François, d’être invité par ce gigantesque dictateur. Mais pour ce dernier, après que vous lui ayiez tout concédé jusqu’à ne pas réagir devant la falsification des écritures exigée par le parti, remplacé par des textes maoïstes, désormais vous ne servez plus à rien !

Pape François, les arguments que vous utilisez contre les fidèles de la liturgie traditionnelle pour en justifier l’interdiction sont proprement indignes ! Ils relèvent de tristes procédés de manipulations et d’amalgames.

Souvenez-vous : vous aviez déclaré, aux journalistes dans un avion vous ramenant à Rome : « Mais qui suis-je pour juger ? »

Mais qui êtes vous donc pour juger aujourd’hui comme vous le faites, d’après ce rapport d’évêques inquisitoriaux-tchékistes, les fidèles des messes traditionnelles ? Sont-ils méprisables parce c’est chez eux que l’on rencontre le plus de familles nombreuses ? Parce que c’est chez eux que surgissent de plus en plus de vocations ? Parce que c’est chez eux, dans leurs familles la plupart du temps bien peu fortunées que l’on se sacrifie pour que les enfants soient élevés dans des écoles de conviction catholique ? Parce que c’est dans leurs paroisses que l’on accueille si souvent des Africains en recherche d’une bonne éducation chrétienne pour leurs enfants ? Parce que c’est dans ces paroisses l’on ne rejette pas, mais qu’on les aime, les héroïques convertis de l’islam ?

Il est vrai que vous, pape François, c’est pour les migrants musulmans que vous avez ostensiblement manifesté votre charité préférentielle.

A propos de l’islam vous avez d’ailleurs professé à Abu-Dhabi l’étonnant propos selon lequel la diversité des religions est le fait de la volonté divine.

Et voilà donc qu’aujourd’hui vous avez manifesté qu’il ne saurait y avoir de diversité pour vous au sein de l’Eglise catholique s’il s’agit d’y maintenir cette séculaire liturgie !

Ce qui vous inquiétait le plus des multiples phénomènes d’autodestruction qui secouent l’Eglise ce n’était donc pas le schisme de fait de l’Eglise d’Allemagne telle que façonnée au fil des ans par votre cher ami le Cardinal Marx, ce n’était pas le pullulement des réseaux LGBTQ jusqu’au Vatican, non c’était la persistance et même la renaissance de la messe codifiée jadis par votre grand prédécesseur Saint Pie V, c’était que des communautés où elle est célébrée, sorte chaque année un grand nombre de jeunes prêtres.

Pape François, de votre consternant Motu proprio nous tirons la triste confirmation que vous êtes un idéologue et un dialecticien, un grand Diviseur. Et pour tout dire un méchant homme. Mais certes vous êtes le pape et les fidèles n’ont que le choix d’attendre que la Divine Providence veuille faire que votre successeur soit meilleur.

Bernard ANTHONY, le 21 juillet 2021

Source : lagrif.fr

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8 Commentaires
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Cadoudal
Cadoudal
il y a 5 années

ceux qui pensent que Dingoglio est catholique , qu’il a souci du catholicisme, sont condamnés , tôt ou tard, à une sévère désillusion;
son dessein est celui de la Maçonnerie ;
détruire l’ Eglise catholique pour édifier sur ses ruines le Temple du Talmud,
selon l ‘exacte et forte expression de Mgr Delassus.

Baguen92
Baguen92
il y a 5 années

Bravo à MPI d’avoir publié la lettre de Bernard Antony ! Les différences d’idées qui sont les nôtres ne doivent pour autant jamais nous faire oublier qu’il fut un des premiers résistants à se battre pour la messe de toujours.
Il était solidariste et n’hésitait pas en politique à faire le coup de poing contre les communistes et les libéraux. Respect à lui !
Je me souviens, j’avais quinze ans et pas un rond en poche, au soir d’une journée d’Amitiés Françaises, une fois la Mutualité à peu près remise en ordre, il m’avait fait signe avec quelques camarades et nous avait invités à dîner à la Brasserie Chez Jenny pour y manger une choucroute ! Il parlait d’une voix amicale, avec un accent méridional un peu rocailleux, en toute simplicité, coupé parfois dans ses propos par Jacques Arnould entonnant une vieille chanson française que nous reprenions alors tous : que de souvenirs !

Louis
Louis
il y a 5 années

Comme plusieurs ici, j’ai un peu connu le coléreux Bernard Anthony sous ce nom ou sous l’autre qui ne me revient pas. Mais dans les dernières années ou en l’écoutant en conférence, j’avais compris les limites idéologiques de ce fort en gueule qui se mettait en colère à la moindre contradiction de son discours finalement si peu politiquement incorrect, et pour cause ! Un « rallié » lui même vendu à la cause que vous pensiez qu’il combattait ! Un homme intelligent mais rusé qui n’aurait pas compris que Mrg Ratzinger (Benoît XVI) ne faisait que quelques concessions d’apparence dans le seul but de gagner aux fausses doctrines conciliaires les modérés comme lui !
Non ! Sa lettre ne me trompe pas, non plus que les articles bien tournés de Maugendre ou d’autres dans Présent ou la Nef !
Mais pour si, c’est bien vrai, si Benoît avait été un vrai pontife Traditionnaliste, il aurait écrit des encycliques dans le fil de la Tradition Apostolique, rétabli la messe Tridentine (même lue ou chantée en vernaculaire elle aurait été licite), dénoncé les erreurs Conciliaires et jamais compromis avec rabbins et immams. Mais Benoît, pape bis, en sa retraite, ne dit mot et consent.

Gilberte
Gilberte
il y a 5 années

ce pape n’a aucune empathie pour les gens qu’il met à la porte, il est plus à l’aise avec les plus grands pécheurs. Il est à convertir à la foi chrétienne

christian schwender
christian schwender
il y a 5 années

François l’apostat !

TDF
TDF
il y a 5 années

Oui M Antony ouvre les yeux sur le Vatican moderniste. Mais il est regrettable qu’en 1988 M Antony ait cru bon de se désolidariser publiquement de Mgr Lefebvre. A l’époque cette défection fut exploitée par les journalistes pour diviser la Tradition. M Antony qui était infréquentable parce que membre du Front National devenait un héros à imiter parce qu’il se désolidarisait de Mgr Lefebvre.
Or sans Mgr Lefebvre la foi catholique et la messe auraient disparu.
On voit maintenant que l’herméneutique de continuité si chère à Benoit XVI ne tient pas la route.
Vatican II est bien une rupture.
Bergoglio qui veut aller jusqu’au bout de la révolution conciliaire ne se prive pas de nous le montrer.

Louis
Louis
il y a 5 années
Répondre  TDF

Bonjour, oui, il étai au FN mais le quitta un 1er mai avec sa troupe « Chrétienté et solidarité » et s’il ne suivit pas Mrg Lefebvre, ce n’est pas seulement par manque de courage et de lucidité, c’est qu’à cette époque, la FSSPX dénonçait l’action de la FM comme de la Synaguogue et pas seulement l’Islam. Mais les successeurs de Mrg Lefebvre, plus tard, firent également preuve de couardise et expulsèrent Mrg Williamson, une lourde perte pour la partie Anglophone de la FSSPX.

Baguen92
Baguen92
il y a 5 années
Répondre  TDF

Bonjour, TDF !
Et vous, ne vous êtes-vous jamais trompé ? Quand vous en aurez fait autant que Bernard Antony pour la défense de l’Eglise et de la Patrie, on en reparlera.
Quoi qu’il en soit :
« Il nous faut un homme à cheval.
Avec un chapelet. Avec une épée. Et une couronne.« 

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